Et maintenant les régionales!

Publié le par PRG

Le Télégramme le 9 Juin

C'est la prochaine échéance, en 2010. À gauche, le résultat de dimanche va compliquer les négociations entre le PS et ses alliés. À droite, le score de l'UMP ne règle pas le problème du leadership.

Jean-Yves Le Drian et son équipe piaffaient d'impatience d'engager la campagne régionale et espéraient réussir ce qui n'avait pas pu se faire en 2004: emmener la gauche unie dès le premier tour. Les cinq composantes de la majorité (PS, PRG, PC, Verts, UDB) ont, en effet, su gouverner ensemble sans anicroche majeure et il n'aurait pas été surprenant qu'elles sachent aussi négocier ensemble leur prochain projet breton.

Exigences en vue

Et patatras! En perdant dimanche soir son leadership électoral au profit de l'alliance Verts-UDB, le PS risque de se voir contraint de réviser la base de discussion. «Jusqu'à présent, nous considérions qu'il était envisageable de partir ensemble au premier tour», commentait, hier, MichelBalbot (porte-parole des Verts au conseil régional). «L'hypothèse tient toujours mais le résultat européen nous donne de nouveaux arguments pour faire valoir nos positions». Même commentaire chez MonaBraz, porte-parole UDB à la Région. «En 2004, nous n'avons obtenu que onzeélus Verts-UDB sur les 58 de la majorité. Nous ne nous contenterons évidemment pas d'une si faible représentation!». Du côté de l'opposition, le MoDem est prêt à repartir derrière la bannière de Bruno Joncour. Même s'il a perdu deux élus bretons (sur 8), qui ont rallié le Nouveaucentre, le parti de François Bayrou tablait sur un bon résultat dans cette région. Badaboum! Moins de 10% aux européennes, ça calme les espérances.

Malgorn consulte

À l'UMP, dont les derniers scrutins ont établi que le discours sarkozyste passait assez mal en terre bretonne, le résultat de dimanche tombe comme une bénédiction, même s'il reste beaucoup à faire avant de pouvoir rêver de reconquête dans une région qui restait dimanche soir majoritairement à gauche. Premier chantier: désigner, sans faire trop de dégâts, le patron d'une liste UMP-Nouveau Centre. Pour l'UMP, le député finistérien Jacques Le Guen a reçu l'investiture des militants de son parti et a annoncé sa volonté de mener la bataille. Côté NC, on n'exprime pas d'appétit particulier pour disputer la tête de liste. Mais l'ancienne préfète de la région Bretagne, Bernadette Malgorn, ne fait pas mystère de ses intentions. Où en est-elle? «J'ai déjà rencontré beaucoup de gens parmi les acteurs bretons», répond-elle. «Ces consultations ne sont pas achevées, mais celles que j'ai engagées jusqu'à maintenant confirment ma volonté d'engagement plus fortement encore que je ne l'avais espéré». Deuxième chantier: le programme. Là aussi, Bernadette Malgorn a bien avancé. «J'ai un projet pour la Bretagne», dit-elle. «Ce doit être un projet collectif, donc partagé. C'est ce à quoi je vais maintenant travailler, dans un esprit d'unité. Je veux gommer toute aspérité qui donnerait à l'affaire une allure de bataille fratricide». Une bataille qui, si elle devait avoir lieu, aurait toutes les chances de conduire la droite vers une cuisante défaite: rien n'interdit à l'UMP bretonne de tirer les leçons de la désunion du PS français...
  • Alain Le Bloas

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