Gauche : l'onde de choc

Publié le par PRG

La Dépêche le 10 Juin


Opposition. Dans la foulée des européennes, la gauche va devoir se recomposer.

Les élections européennes modifient la donne à gauche. La poussée des écologistes qui talonnent les socialistes crée un nouveau rapport de forces au sein de l'opposition. Le PS n'est plus en position hégémonique. Il doit désormais compter avec les Verts qui ont envoyé autant de députés que lui au Parlement européen. Certes il dispose d'une force militante et d'un bataillon d'élus bien plus importants que les écologistes. Mais une partie de son électorat s'est détournée de lui au profit des amis de Daniel Cohn-Bendit. Cette évolution devrait se traduire rapidement dans les relations entre les partis de gauche (PRG, Verts, PS, Front de gauche) qui font un constat unanime : leur émiettement provoque la défaite.

Le premier terrain d'application de cette redistribution des cartes à gauche devrait intervenir lors des régionales de 2010. Les Verts, à l'appétit aiguisé, se trouvent en position de force pour négocier avec le PS. « Nous sommes aujourd'hui le deuxième parti de la gauche française, claironne Noël Mamère. Une page a été tournée, nous n'avons plus vocation à être considérés comme des subalternes des grands partis de la gauche mais comme le moteur de cette gauche qui doit être revisitée et complètement rénovée. »

Daniel Cohn-Bendit voit déjà loin avec l'hypothèse de primaires pour la présidentielle mais à une condition : « Le PS doit dire aux verts « rénovés ou écolos (…..) on vous garantit 30 députés, disons 15 si on perd, 30 si on gagne. Mais cela doit être réel. » De son côté, le député Vert Yves Cochet plaide pour une « autonomie des écologistes lors des régionales et ensuite des partenariats ».

Si les écolos et le PS risquent de négocier pied à pied pour les prochaines échéances, ils devront aussi tenir compte des autres formations de l'opposition. A commencer par les radicaux de gauche qui ont l'intention de participer pleinement à la bataille des régionales. Les socialistes devront aussi ne pas rompre le fil avec le Front de gauche de Mélenchon et Buffet. « Je pense que la question du PS c'est de se positionner réellement à gauche et qu'il travaille à un rassemblement non pas tourné vers la droite, vers le MoDem, mais vers la gauche », déclare Marie-George Buffet. Or la question de l'alliance avec le MoDem est posée par certains socialistes et pourrait rebondir lors des régionales. Le PS reste le pivot de l'opposition, mais un pivot affaibli qui devra faire un peu plus de place à ses partenaires pour tenter de rassembler en 2012 une gauche morcelée aujourd'hui. Rude défi !

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