Le président, qui a reçu mercredi Martine Aubry, a répété qu'il veut«prendre son temps».

Publié le par PRG

Le Figaro le 10 Juin

Pour Sarkozy, l'ouverture est plus que jamais en haut de l'affiche. «Il faut maintenir notre stratégie», a-t-il redit mercredi devant les sénateurs qu'il avait conviés pour un brunch à l'Élysée. Des radicaux de gauche au PS, du MoDem aux écologistes, en passant par la société civile ? Depuis le début de la semaine, le président ne cesse d'attribuer
la victoire de dimanche dernier à l'ouverture des listes de la majorité. «Le sectarisme n'est pas chez nous !» se félicite-t-il. «Le président a une seule idée en tête, désarmer les attaques qui dénonceraient son esprit de parti», explique l'un de ses proches.

Mais une réunion mardi soir autour du président a été l'occasion, pour ses conseillers, de lui rappeler qu'il fallait se méfier d'une «ouverture gadget» qui l'éloignerait de son électorat de droite populaire. En attendant, l'Élysée est en quête d'un casting. Pas facile de trouver de nouveaux candidats prêts à franchir le Rubicon… L'entrée de Claude Allègre fait l'unanimité contre elle. Ce qui n'est pas forcément décisif, Nicolas Sarkozy ayant toujours à cœur de prendre le contre-pied du «microcosme».

Du côté des socialistes pur jus, la source paraît un peu tarie. Le député de l'Isère, André Vallini, a fait savoir à plusieurs reprises qu'il n'en était pas question. Le député guadeloupéen Victorin Lurel serait un candidat possible. «Si Sarkozy ne trouve pas de gros poissons, il continuera l'ouverture avec des missions», estime un conseiller.

 

Périmètres gouvernementaux

 

Le terrain semble plus favorable du côté des radicaux de gauche de Jean-Michel Baylet. Le député corse Paul Giacobbi entrerait au gouvernement en échange d'une alliance électorale pour les élections régionales l'an prochain. L'ancien ministre de la Recherche de Lionel Jospin, Roger-Gérard Schwartzenberg, est aussi cité pour remplacer Valérie Pécresse. Interrogé par Le Figaro, l'intéressé répond qu'il n'a «pas eu de contact avec Nicolas Sarkozy». Le plus spectaculaire serait l'arrivée d'un écologiste au gouvernement.

Au Figaro, le nouvel ami du chef de l'État, Yann Arthus-Bertrand, s'exclame : «Non, non, non et non !» D'autres noms circulent, comme les ex-secrétaires nationaux Verts passés au MoDem, Jean-Luc Bennahmias et Yann Wehrling. «Je ne verrais aucune objection à ce que Daniel Cohn-Bendit entre au gouvernement», s'em­balle la secrétaire d'État Fadela Amara.

Il y a aussi les dernières «figures» du parti de François Bayrou : le trésorier du MoDem et président du groupe centriste au Sénat, Michel Mercier. Brice Hortefeux rêve même d'attirer Marielle de Sarnez, bras droit de Bayrou.

Autre leitmotiv du président : la diversité. La nouvelle députée européenne, élue dans le Sud-Est, Nora Berra, est évoquée pour rejoindre le gouvernement Fillon.

L'Élysée se penche aussi sérieusement sur le remodelage des périmètres gouvernementaux. Faut-il rattacher l'Emploi aux Affaires sociales ? Séparer Enseignement supérieur et Recherche ? Créer un ministère de l'Aménagement du territoire et de la Ruralité pour compenser l'accent mis sur le Grand Paris ? Fusionner la Culture et l'Éducation en cas de départ de Christine Albanel après l'échec de la loi Hadopi ?

Pour remplacer les deux ministres sortants, Rachida Dati et Michel Barnier, on évoque toujours le nom d'Éric Woerth à la Justice et aussi celui du Nouveau Centre Maurice Leroy à l'Agriculture. Xavier Darcos, qui accompagnait encore mercredi Nicolas Sarkozy dans un lycée à Gennevilliers, se prépare à rester ministre de l'Éducation.

Reste la question du moment. «On ne va pas se presser, ça n'aurait pas de sens de s'agiter tout de suite», a-t-il répété aux sénateurs. Entre son aller-retour à Libreville pour les obsèques d'Omar Bongo et son discours à Genève lundi devant l'Organisation internationale du travail, et le sommet européen à Bruxelles en fin de semaine prochaine, il reste peu de place pour caser un remaniement. Sans compter que le président, qui gagne neuf points dans le baromètre TNS-Sofres-Figaro Ma­gazine, veut aussi s'adresser aux Français. Mercredi, entamant sa consultation des chefs de parti représentés au Parlement européen, il a reçu Martine Aubry. «Une opposante qui n'a jamais dépassé les bornes de la bienséance démocratique», a souligné Sarkozy.

Publié dans article sur le PRG

Commenter cet article