Marine Le Pen espère conquérir Hénin-Beaumont face à une gauche divisée

Publié le par PRG

HENIN-BEAUMONT (AFP) 11 Juin

La vice-présidente du Front National Marine Le Pen espère conquérir début juillet face à une gauche divisée la ville d'Hénin-Beaumont lors d'une municipale organisée après la mise en examen du maire ex-PS Gérard Dalongeville.

Pas moins de neuf listes, dont cinq de gauche, mais aucune soutenue officiellement par le PS, ont été déposées en sous-préfecture de Lens jeudi à 18H00, date-limite de dépôt des candidatures pour le premier tour.

Evoquant les querelles de la gauche locale, Marine Le Pen, s'est réjouie jeudi d'une "situation assez rocambolesque et assez encourageante pour la liste FN". Comme en 2008, elle sera en deuxième position sur la liste Front National derrière un "enfant du pays", Steeve Briois, candidat à toutes les élections à Hénin depuis 1995, sous les étiquettes MNR, puis FN.

En mars 2008, le FN avait obtenu dans une triangulaire au deuxième tour des municipales 28,83% des voix, derrière la liste du maire sortant Gérard Dalongeville (51,94%), mais devant le divers gauche Daniel Duquenne (19,23%).

La mise en examen pour détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme de M. Dalongeville, exclu du PS, offre une nouvelle chance à Marine Le Pen de mener son parti à la victoire dans cette petite ville du bassin minier de 26.000 habitants.

Les chances de Mme Le Pen, implantée localement depuis les législatives de 2007, ont été confortées par son bon score aux européennes du 7 juin, où sa liste a obtenu 27,92% des voix à Hénin-Beaumont, plus de 10 points devant le PS. La leader frontiste y voit un "signal" des électeurs.

Cela ne semble pas inquiéter la gauche locale qui n'a pas réussi à surmonter ses vieilles querelles pour afficher un front commun.

L'ancienne ministre Marie-Noëlle Lienemann, appelée à la rescousse en 2008 sur la liste de Gérard Dalongeville, avait préféré jeter l'éponge en début de semaine pour "ne pas participer à cette confusion".

Dans la foulée, la fédération socialiste du Pas-de-Calais avait annoncé son choix d'une liste menée en tandem par le radical de gauche Eric Mouton et un jeune dirigeant socialiste, Pierre Ferrari, lui aussi ancien élu de la liste Dalongeville en 2008.

Mais à quelques heures de la limite de dépôt des listes, M. Mouton a renoncé à son tour au moment où Pierre Ferrari annonçait le dépôt de sa propre liste, dont il figurera en tête, devant une représentante du MoDem et un communiste.

"En transgressant" la décision du PS, "Pierre Ferrari perd le soutien de la fédération socialiste", a annoncé Catherine Génisson, première secrétaire fédérale socialiste du Pas-de-Calais.

Elle a confirmé à l'AFP que le PS ne soutenait officiellement aucune liste.

La gauche sera en outre représentée au premier tour par les Verts, par le candidat divers gauche Daniel Duquenne, déjà présent au deuxième tour en mars 2008, par l'ancien maire Pierre Darchicourt (ex-PS) et par le NPA.

Malgré cette cacophonie, la tâche du FN sera ardue. Contrairement aux autres villes conquises dans le passé par l'extrême droite, notamment Toulon, Orange ou Vitrolles, le réservoir de voix à droite est faible à Hénin-Beaumont, une terre de gauche où l'UMP n'a jamais réussi à percer.

"Je ne pense pas que dans cette élection l'étiquette politique sera un déterminant du vote", assure cependant Marine Le Pen, pour qui le discrédit de l'équipe sortante sera son meilleur atout.

Publié dans dépêche sur le PRG

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