La droite espère reconquérir dix Régions

Publié le par PRG

Le Figaro le 11 Juin

Xavier Darcos sera candidat aux régionales en Aquitaine en 2010.
Après son revers de 2004, l'UMP entend prendre sa revanche en mars prochain.

«Les élections régionales, c'est demain !» Nicolas Sarkozy se projette déjà dans le prochain scrutin, qui se déroulera au printemps 2010. L'enjeu est énorme pour la majorité puisque huit ou neuf ministres seront têtes de listes et plus de la moitié des membres de l'actuel gouvernement candidats, en position éligible ou pas. À mi-mandat, la droite entend s'appuyer sur le succès des européennes pour reconquérir plusieurs Régions perdues en 2004. L'UMP, qui gère seulement deux conseils régionaux (Corse et Alsace) sur vingt-deux en métropole, ne peut que progresser. L'analyse des résultats des européennes, Région par Région, fournit des indications sur les gains possibles pour l'UMP.

• Une note à Sarkozy. Depuis lundi, les états-majors politiques font tourner les calculettes. Nicolas Sarkozy et Claude Guéant disposent d'une note détaillée sur les Régions «gagnables» et celles où c'est «jouable» pour la majorité. Bien sûr, comparaison n'est pas raison. Les européennes sont une élection à un tour, les régionales à deux. Or la majorité dispose de réserves de voix plus faibles que le PS. Inversement, les socialistes vont devoir passer des alliances avec des écologistes forcément gourmands, voire avec une extrême gauche frondeuse. Sans compter le rôle charnière du MoDem. Selon les sondeurs, 50 % des électeurs de François Bayrou voteraient à gauche au second tour, 35 % pour l'UMP.

• Quatre «gagnables» et six «jouables» pour l'UMP. Alain Marleix, le «M. Élections» de l'UMP, estime que la majorité est en mesure de «regagner entre quatre et dix Régions». A partir de projections établies sur la base des européennes, le secrétaire d'État établit deux catégories. D'abord, quatre Régions «gagnables» : Champagne-Ardenne, Basse-Normandie, Pays de la Loire et Lorraine, anciens fiefs de la droite perdus à la surprise générale en 2004. Dans une seconde liste figurent six autres Régions «jouables» : Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Franche-Comté, Centre et Bourgogne. Pour quatre d'entre elles, les combats seront conduits par des ministres (Valérie Pécresse, Alain Joyandet, Hervé Novelli et probablement Hubert Falco en Paca). Les espoirs sont d'autant plus forts à droite que les scores du FN - notamment en Ile-de-France et en Rhône-Alpes - laissent peu de chance aux lepénistes de se maintenir au second tour. La droite peut compter aussi sur la rivalité entre le PS et ses alliés Verts qui devraient faire listes séparées.

• «Huit-neuf» Régions en danger selon le PS.«Sur la base de ce qui s'est produit dimanche, on peut perdre potentiellement huit-neuf Régions», prévient l'ex-ministre socialiste Pierre Moscovici. «Si les résultats de la gauche ne sont pas bons, le rapport de forces entre les blocs de gauche et de droite restent favorables au premier, note Gaël Sliman directeur de BVA. Il vaut mieux pour le PS gérer des écologistes à 16 % qu'un MoDem à plus de 15 %. Localement, les élus ont l'habitude de ce type d'alliance.» Sur le papier, quatre fiefs de gauche paraissent «imperdables» : Midi-Pyrénées, Bretagne, Limousin et Aquitaine, où le bloc des voix de gauche a dépassé ou frôlé dimanche les 50 %. «Nord-Pas-de-Calais et Poitou-Charentes semblent hors de portée. Ce sera difficile en Auvergne et dans le Languedoc-Roussillon sauf si la gauche est divisée», admet-on à l'UMP.

• Vers une alliance UMP-PRG en Corse. Paradoxalement, la majorité est en danger dans l'un de ses deux fiefs : la Corse. Dimanche, elle a réalisé une contre-performance dans l'île. Les écologistes ont fait jeu égal avec l'UMP et globalement la gauche a rarement été aussi haute. C'est en Corse-du-Sud que l'UMP perd du terrain. Reste que les régionales sont régies par un mode de scrutin spécifique auquel il faut ajouter la dimension du vote nationaliste. Arrivé en tête en 2004, le radical de gauche Émile Zuccarelli avait dû laisser le fauteuil de président à l'UMP Camille de Rocca-Serra allié aux nationalistes. Très attentif à la politique insulaire, Sarkozy veut cette fois jouer la carte de l'ouverture avec les Radicaux de gauche très puissants en Corse. Dans cette optique, le député PRG d'Haute-Corse Paul Giacobbi pourrait entrer au gouvernement en échange d'une alliance électorale UMP-PRG.

 

 

Publié dans article sur le PRG

Commenter cet article