Après l'échec aux Européennes, un PS en proie au doute

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PARIS (AFP) — Le Parti socialiste, sonné par son résultat calamiteux aux européennes, a connu une folle semaine de réunions et petites phrases, sans parvenir à définir une voie pour échapper à la "mort clinique" que certains lui promettent, jusque dans ses rangs.

Talonné par Europe Ecologie, le PS a connu dimanche son pire score (16,4%) aux européennes depuis 1994, n'envoyant plus que 14 eurodéputés contre 31 en 2004.

"L'instant est grave: c'est la disparition que nous risquons", assène le quadra Manuel Valls qui veut changer le nom de PS. D'autres agitent le spectre d'une "mort programmée" du parti alors qu'Arnaud Montebourg lance "dernière station-service avant le désert". Nombreux rappellent en choeur que les partis politiques ne sont pas éternels et citent les défunts Parti radical et SFI0.

Les Français partagent ce constat: 66% estiment, selon un sondage TNS Sofres Figaro magazine que le PS "vit une crise profonde et durable et ne reviendra pas au premier plan de la vie politique française avant plusieurs années".

Benoît Hamon, resté finalement porte-parole du parti malgré son échec aux européennes, tempère: "60% ne sont pas venus voter. On ne construit pas un cycle politique avec ça".

Deux jours après, les socialistes ont tenu mardi un "étrange" Conseil national, où ils n'ont "pas donné la sensation" d'avoir "pris la mesure du choc et agi en conséquence", déplore Pierre Moscovici qui réclame un "électrochoc".

Le leadership de la patronne du PS, élue il y a six mois après un Congrès de Reims délétère, n'est cependant pas remis en cause, malgré quelques voix isolées comme celle de Malek Boutih qui réclame sa démission.

Martine Aubry a certes annoncé une "feuille de route" pour six mois, avec une "nouvelle gouvernance". Elle pourrait peut-être, à l'occasion du Bureau national mardi, annoncer une équipe resserrée d'une quinzaine de membres.

Exercice délicat. "Ils tournent en rond, il y a du blocage interne", confie-t-on au PS. Un renfort de royalistes à la direction fait grincer des dents. "Unité oui, unanimisme non", estime ainsi l'hamoniste Razzy Hammadi (aile gauche du parti).

En revanche, depuis leur meeting commun aux européennes près de Nantes, c'est l'union sacrée entre Mme Aubry et Ségolène Royal, son adversaire d'hier. Elles se sont vues en tête-à-tête mardi matin. Rien n'a filtré, mais la première secrétaire l'a proposée à la vice-présidence de l'Internationale socialiste.

"Elle avait prévu de constituer un super secrétariat avec cinq ou six personnes dont (Vincent) Peillon et peut-être (Manuel) Valls. Et à la sortie, délice du PS, c'est avec Ségolène Royal que se fait l'alliance", ironise le maire de Lyon Gérard Collomb, ancien soutien de Mme Royal.

Silencieuse depuis les européennes, la présidente de Poitou-Charentes s'exprimera lundi lors d'une de ses "universités participatives".

Mais la discorde peut venir d'ailleurs. Depuis dimanche, de nombreux jeunes ténors comme Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Manuel Valls réclament des primaires ouvertes pour désigner leur candidat à la présidentielle de 2012.

Mais les modalités divergent: vers une alliance de tous les progressistes -MoDem compris ou rassemblement des gauches? Avant ou après le projet?

Pierre Moscovici a pris les devants et lancé une pétition pour l'organisation de primaires, pour "ouvrir les portes et fenêtres du Parti socialiste".

Mme Aubry refuse de hâter les choses. Les voix de gauche étant majoritaires le 7 juin (près de 40%), l'urgence pour elle est de bâtir une "maison commune" de la gauche et d'engager des "discussions avec l'ensemble de la gauche".

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