La gauche hésite à sécher la causerie de Sarkozy à Versailles

Publié le par PRG

Libération le 16 Juin

Congrès . Le PCF boycottera la convocation. Le PS et les Verts sont partagés.

Une gauche unie à Versailles, lundi, face à Nicolas Sarkozy ? C’est mal parti. Alors que les groupes se réunissent ce matin à l’Assemblée nationale, la «position lisible commune et efficace» voulue par Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS, paraît introuvable.

Chez les socialistes, le débat fait rage entre partisans du boycott «du discours du trône» du chef de l’Etat devant le Congrès, et ceux qui penchent pour une «opposition responsable qui ne pratique pas la politique de la chaise vide et tient compte des résultats des européennes où les électeurs ont rejeté l’antisarkosysme pavlovien». «Y aller c’est se prêter au jeu du Président, ne pas y aller c’est se mettre hors jeu», résume Manuel Valls. Un vrai casse-tête.

«Impolitesse». Pour nombre d’élus PS, l’affiche n’est guère alléchante : «Nicolas Sarkozy parle et s’en va. Et nous, on a droit à une suite de monologues en guise de débat», dénonce l’un d’eux. «On est terriblement maltraités : convoqués à 10 h 30 pour voter le nouveau règlement du Congrès qui sera transmis dans la foulée pour validation au Conseil constitutionnel… Tout ça pour que le Président puisse s’exprimer à 15 heures ! Le boycott peut avoir un sens pour montrer que Sarkozy n’aime pas le Parlement», avance Patrick Bloche, ami du maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Chez les proches de Ségolène Royal, on ira : «C’est compliqué de ne pas y aller. Vu notre situation électorale, cette impolitesse ne serait pas comprise», note une députée. Professeur de droit, Jean-Jacques Urvoas compte proposer «le dépôt d’une motion de censure à l’Assemblée nationale dans la foulée du Congrès afin de faire entrer la responsabilité présidentielle devant le Parlement. Mais pour cela, il faut d’abord aller l’écouter.»

Alors ira, ira pas ? «Connaissant le groupe PS, je suis sûr qu’ils n’iront pas», pariait un hier un député socialiste. Pour l’heure, seul le Parti communiste semble unanimement contre. «Pourquoi les parlementaires communistes devraient-ils aller à Versailles ? La réponse est dans la question», a balayé hier Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF. Pas question en tout cas de «servir de faire-valoir à cette opération de com et de récup post-élection du Président», ajoute François Asensi, élu PCF de Seine-Saint-Denis.

«Puéril». Quant aux Verts, qui ont choisi samedi le boycott à une large majorité, deux lignes opposent leurs quatre députés : Noël Mamère dénonce une «mascarade», Martine Billard «une conférence de presse», mais François de Rugy et Yves Cochet comptent bien profiter des «dix minutes» de tribune : «Bien sur que Nicolas Sarkozy est malin. Mais on ne va pas se terrer et se dérober», note De Rugy. La sénatrice et maire de Montreuil, Dominique Voynet, juge le boycott «puéril».

Quant aux parlementaires PRG, dont les voix avaient été décisives en juillet lors de la révision de la Constitution, ils iront à Versailles.

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