Congrès de Versailles:les radicaux de Gauche (PRG) ne voteront pas la réforme du réglement

Publié le par PRG

Sud Ouest le 17 Juin


Les députés et sénateurs verts et communistes ne feront pas le déplacement lundi à Versailles pour participer à la réunion du Congrès. Selon les élus communistes, une quarantaine au total, « il ne s'agit pas d'un boycott », explique Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, mais « du refus de participer à un simulacre de démocratie ».

« Pas faire la claque »

Jean-Luc Mélenchon, qui est encore sénateur jusqu'au début juillet avant d'être investi député européen, s'est solidarisé avec ses collègues communistes en expliquant, au nom du Parti de gauche qu'il a fondé, qu'il ne voulait pas participer à « une opération de communication du chef de l'État ».

Chez les Verts, Noël Mamère, député-maire de Bègles, est tout aussi virulent : « Nous avons décidé hier matin de boycotter parce que nous ne sommes pas élus pour faire la claque aux discours du président de la République. »

Tout comme les communistes, rappelle-t-il, les Verts avaient refusé de voter la modification constitutionnelle qui permet au président de réunir le Congrès : « Nicolas Sarkozy, qui n'est pas responsable devant le Parlement, tire avantage d'une dérive présidentielle d'un régime qui reste parlementaire. »

Le Parti socialiste était divisé, hier, entre députés et sénateurs, les premiers acceptant d'écouter le président de la République après avoir voté la modification du règlement, tandis que les seconds étaient d'accord pour également participer au débat sans vote sur le discours du président de la République.

Le groupe socialiste de l'Assemblée nationale a finalement voté sans beaucoup de contestations, puisqu'il a arrêté son choix à l'unanimité (moins deux députés) de ses quelque 200 membres. Le débat s'est passé « dans un climat serein », selon une source socialiste, et en présence de Martine Aubry, première secrétaire du parti. Les 102 sénateurs socialistes étaient d'un avis contraire.

PS : « Un simulacre »

Le bureau national du PS a tranché hier soir sur ce qui n'était finalement qu'un point de détail, puisqu'il n'était même pas question que Nicolas Sarkozy entende le débat parlementaire qui succédera à son discours. Benoît Hamon, porte-parole du PS, a annoncé hier soir que l'ensemble des parlementaires socialistes quitterait finalement Versailles à la fin du discours présidentiel, afin de ne pas « participer à un simulacre ».

Le groupe des radicaux de gauche à l'Assemblée a indiqué qu'il participerait lundi à la réunion du Congrès, mais qu'il refuserait de voter la réforme du règlement, qui doit, selon lui, instituer la domination des deux partis hégémoniques que sont le PS et l'UMP.

Les réformes que le président va préparer
Le président de la République l'avait annoncé dès le lendemain des élections européennes : le succès enregistré par l'UMP et ses alliés du centre l'a conforté dans l'idée de poursuivre les réformes entreprises, et même d'« ouvrir de nouveaux chantiers ».

Retraites

Son ami le plus proche, Brice Hortefeux, ministre du Travail, a tiré la première salve dimanche en estimant que le relèvement de l'âge de la retraite au-delà de 60 ans était une solution parmi d'autres, « comme la baisse des pensions ou augmenter la durée de cotisation ». Il a réitéré cette proposition, hier, en répondant à la question d'un député à l'Assemblée nationale.

François Fillon avait abondé dans son sens en disant que ce n'était pas « une question taboue, mais une piste envisageable parmi d'autres ». Brice Hortefeux a recueilli également le soutien de Laurence Parisot qui a souhaité, sur France 2, « le relèvement de l'âge de la retraite ».

Grenelle

Parmi les autres chantiers figure la lutte contre le changement climatique que le succès de la liste Europe Écologie l'encourage à accentuer. Le gouvernement, qui a mené le Grenelle de l'environnement, n'est pas dépourvu de mesures à appliquer dans ce domaine.

Une étude du Boston Consulting Group (BCG), commandée par Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable, et publiée hier, montre de plus que les 15 plans qu'il contient devraient permettre de créer 600 000 emplois en France d'ici à 2020. Ce qui contribuerait de manière significative à la relance de l'économie.

La mise en application du Grenelle permettrait par ailleurs de réduire d'un quart les émissions de gaz à effet de serre entre 2007 et 2020. La mise en place de la taxe carbone, qui a été évoquée comme une piste pour remplacer la taxe professionnelle, fait aussi partie des chantiers du président.

On lui prête l'intention de donner également une nouvelle impulsion à l'aménagement du territoire dont le TGV est un élément important, mais aussi à la réforme des collectivités locales que l'on avait crue enterrée, mais qui pourrait bien resurgir au moment où l'opposition est en difficulté.

Auteur : Jean-Pierre Deroudille
jp.deroudille@sudouest.com

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