L'heure de l'ouverture à t'elle sonnée au PRG?

Publié le par PRG

Le Figaro le 18 Juin

Depuis 2007, l'Élysée observe avec attention le PRG, allié traditionnel du PS.

Il y a sept ans, Le Monde publiait dans ses pages Horizons une «Chronique comptable d'une faillite nationale annoncée». Le texte préconisait notamment de «diminuer de moitié les effectifs» de fonctionnaires, mesure dont on connaît la postérité. La chronique était signée Paul Giacobbi, député de Haute-Corse.

Aujourd'hui, le nom de cet élu membre du Parti radical de gauche est l'un de ceux qui revient avec le plus de régularité pour le prochain remaniement. À l'Élysée, certains annoncent même que son entrée au gouvernement est «actée», sans préciser à quel poste.

L'intéressé, lui, ne dément que mollement. «La rumeur est gentille et flatteuse. Je remercie ceux qui la font courir», explique-t-il. Remercierait-il l'Élysée en acceptant un poste ? «Je ne dis non à rien même si rien ne m'a été proposé aujourd'hui. Je verrai si je peux être utile.» Car, tient-il à préciser, Giacobbi ne «pense qu'à la crise, la plus grave depuis un siècle». «Je crois aux vertus de l'élargissement quand les solutions manquent», explique-t-il. Il raille au passage les appels à une relance par la consommation défendue par les socialistes («On peut toujours se jeter par la fenêtre pour soigner une migraine»). Mais surtout se réjouit des évolutions du discours de Sarkozy depuis 2007. Henri Guaino, la plume de l'Élysée, «lit mes notes», glisse-t-il avant de se féliciter que «la France soit aujourd'hui à la pointe de la volonté régulatrice».

 

Taubira déjà en 2008

 

Si sa nomination était confirmée, Giacobbi serait une nouvelle prise de Sarkozy au titre de l'ouverture. Une ouverture au PRG, allié traditionnel du PS, que le président «travaille depuis son accession à l'Élysée», explique un proche. Xavier Bertrand y voit une manière d'élargir le socle électoral à la présidentielle de 2012.

Depuis 2007 et jusqu'à ces jours derniers, les rumeurs de missions ou de postes ministériels confiés à d'éminents radicaux de gauche reviennent régulièrement dans les conversations des conseillers du président. Les noms de l'ancien ministre de Lionel Jospin, Roger-Gérard Schwartzenberg, et du président du PRG Jean-Michel Baylet, sont systématiquement avancés, jusqu'à présent sans succès.

Au printemps 2008, Nicolas Sarkozy a confié une mission à la vice-présidente du PRG Christiane Taubira sur les «accords de partenariats économiques». Mais l'émoi suscité à l'époque dans les rangs radicaux semblait indiquer que le fruit n'était pas mûr. L'été dernier, six des huit députés du PRG ont voté la révision constitutionnelle. Bien leur en a pris : le seuil pour constituer un groupe à l'Assemblée a été ramené à quinze, ce qui pourrait leur permettre de constituer plus facilement un groupe autonome du groupe socialiste.

Au titre de l'ouverture, toujours, le porte-parole du PRG Bernard Castagnède a été nommé en avril à la commission Guéna chargée du redécoupage électoral. Dans la majorité, certains ont vu dans l'appel du PRG à ne pas voter socialiste aux européennes un signal positif.

«Il y a effectivement des discussions entre Jean-Michel Baylet et Nicolas Sarkozy», précise un élu radical un peu gêné aux entournures. «Mais c'est normal que cela arrive entre le président d'un parti et le chef de l'État», ajoute-t-il aussitôt. D'autres parlent de l'intermission de Bernard Tapie, ancien compagnon du PRG qui a appelé à voter Sarkozy en 2007.

Selon le radical Yvon Collin, président du groupe sénatorial RDSE à la Haute Assemblée, «il n'y a pas lieu de s'alarmer» : «Malgré toutes les sollicitations, aucun radical n'a jamais cédé aux sirènes élyséennes.» Dans le jeu de «name dropping» qui précède tout remaniement, son nom a pourtant été cité. L'élu PRG du Tarn-et-Garonne assure, lui, n'avoir «jamais rencontré Nicolas Sarkozy».

«Si un radical de gauche rejoint le gouvernement, cela ne sera rien d'autre qu'une aventure individuelle qui devra être sévèrement sanctionnée», assure pour sa part Thierry Brillard. Le maire adjoint de Lyon en appellerait alors à la fermeté de Jean-Michel Baylet. Mais celui-ci, contacté par Le Figaro, n'a pas souhaité nous éclairer sur ses intentions. Et si c'était davantage qu'une «aventure personnelle» ? «Le PRG éclaterait», assure Brillard, sans vouloir y croire.

En avril, Giacobbi écrivait sur son blog : «Être ministre, c'est accepter une solidarité avec ses pairs, une hiérarchie avec ses supérieurs, restreindre immensément sa liberté de parole, ce qui évidemment risquerait de me poser problème le cas échéant…» L'échéance semble plus que jamais proche.

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Théo 21/06/2009 22:31

J'ose espérer que notre ami Paul GIACOBBI ne répondra pas aux sirènes sarkozystes:sa place est au PRG, à gauche, et je ne le vois pas être un faire-valoir de la Droite dure, voire un Secrétaire Général Adjoint de l'UMP( comme Eric BESSON)ESPERONS...Théo