Sarkozy devant le Congrès : ceux qui viennent, ceux qui boycottent

Publié le par PRG

Le Monde le 22 Juin

Le point sur la position des différents partis concernant le Congrès de Versailles de lundi 22 juin, lors duquel Nicolas Sarkozy doit s'exprimer devant les parlementaires. Une première, qui découle de la réforme de la Constitution adoptée l'été dernier.

56 % des Français favorables à l'intervention présidentielle56 % des personnes interrogées les 18 et 19 juin pour un sondage Ifop/Journal du Dimanche estiment que l'intervention de Nicolas Sarkozy devant le Congrès est "plutôt une bonne chose parce que cela lui donne l'occasion de présenter ses grandes orientations en matière de politique étrangère, économique et sociale". 41% y voient une "mauvaise chose", qui constitue "une remise en cause de la séparation des pouvoirs". 59% désapprouvent le boycott des parlementaires communistes et Verts.

PARTI COMMUNISTE : Les députés PCF ont décidé de boycotter le congrès, y voyant "un simulacre de démocratie, car il n'y aura ni vote, ni débat". Les sénateurs communistes et du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon ont pour leur part dénoncé, dans un communiqué, "l'opération de communication de Nicolas Sarkozy", qui "instrumentalise les élections européennes pour annoncer à Versailles la poursuite des réformes ultralibérales". La petite cinquantaine de parlementaires communistes ne se rendra donc pas à Versailles, de même que le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

PARTI SOCIALISTE : Les députés PS ont décidé, avec deux non et deux abstentions, d'assister à l'intervention de Nicolas Sarkozy et de partir ensuite. Les sénateurs PS s'étaient prononcés en faveur d'une participation au débat qui suivra (10 minutes accordées à chaque groupe de l'Assemblée, et autant à chaque groupe du Sénat), mais avaient laissé au conseil national du PS le soin de trancher. A l'issue de celui-ci, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a expliqué : "Nous sommes des républicains, nous écouterons le président de la République, même si nous n'apprécions guère d'être convoqués". Mais que Nicolas Sarkozy n'assiste pas au débat parlementaire est un "déni de démocratie" : les parlementaires PS quitteront donc l'hémicycle plutôt que de parler "à une chaise vide" et "les présidents de groupe s'exprimeront de manière solennelle en conférence de presse" à l'extérieur de l'hémicycle du Congrès, a-t-il précisé dimanche. Il avait annoncé mardi dernier que Martine Aubry ferait des propositions et souhaitait que le chef de l'Etat "réponde dans son discours aux exigences des socialistes", notamment sur les services publics, les salaires, et "d'un deuxième plan de relance qui fasse le choix de la coordination au niveau européen et du soutien au pouvoir d'achat et la consommation".

Dénonçant un "mépris du Parlement", le député PS du Nord Bernard Derosier a fait savoir sur son blog qu'il n'ira pas à Versailles. François Hollande dénonce dans La Croix une "adresse du souverain".

Pour marquer leur réprobation, les socialistes ont prévu de se retrouver lundi à la mi-journée à Versailles, "devant la Salle du Jeu de Paume, là où les députés du Tiers-Etat ont refusé, en 1789, de se soumettre au roi de France". Afin de "marquer notre critique de l'évolution des pratiques démocratiques dans notre pays et proposer aux Français des états généraux pour une République moderne".

PRG et RDSE : Les 21 parlementaires radicaux de gauche ont fait savoir mardi qu'ils participeraient au Congrès mais ne voteraient pas la modification préalable du règlement du Congrès. Ils condamnent "le boycott pratiqué par certains qui n'est pas dans la tradition républicaine des radicaux" et rappellent que la plupart des PRG avaient "approuvé" la réforme de la Constitution.
Le groupe du Rassemblement démocratique et social européen RDSE du Sénat qui regroupe les PRG mais aussi les anciens ministres Jean-Pierre Chevènement et Michel Charasse et le radical valoisien (droite) Aymeri de Montesquiou a fait savoir qu'il serait présent "car il s'agit de la Constitution et nous sommes des républicains".

VERTS : Les 4 députés et 5 sénateurs Verts n'iront pas à Versailles. Le député-maire de Bègles Noël Mamère, a assuré n'être "pas payé pour faire la claque de Nicolas Sarkozy", qui va prononcer à Versailles un "discours du trône", puis "tourner les talons dès qu'il a fini", laissant le Parlement tel "une armée d'ombres pour discuter sur du vent".

MODEM : François Bayrou, qui avait obtenu cinq minutes de temps de parole à l'issue du débat, en étant le premier des non-inscrits à en faire la demande, a renoncé le 17 juin à s'exprimer. Le président du MoDem a indiqué qu'il "avais cru comprendre", lors de son entretien avec Nicolas Sarkozy dans le cadre des consultations avec les chefs de toutes les formations politiques représentées au Parlement européen, que le débat aurait lieu en sa présence. "Sinon, c'est une adresse", lui aurait même précisé le chef de l'Etat. Comme ce n'est finalement pas le cas, le député des Pyrénées-Atlantiques "ne veut pas participer à une mascarade de débat, en l'absence de la gauche, uniquement devant les bancs de la majorité".

NOUVEAU CENTRE : Ses membres participeront au Congrès, et François Sauvadet, président du groupe à l'Assemblée, a jugé le boycott "pas très républicain". "Que le chef de l'Etat vienne s'exprimer devant l'ensemble des parlementaires pour nous dire dans quelles conditions il va aborder une nouvelle phase de son quinquennat, je trouve que c'est plutôt respecter le Parlement", a ajouté le député de Côte-d'Or. Interrogé sur le fait que François Fillon, présent, ne prendra pas la parole, M. Sauvadet a estimé qu'"il est très difficile de voir un premier ministre faire l'exégèse de la parole présidentielle".

UMP : Le porte-parole Frédéric Lefebvre a salué le 12 juin "l'occasion pour le président de la République de nous donner sa vision des changements à poursuivre en France et à engager en Europe". Bien que "partisan d'une application stricte de la séparation des pouvoirs", Dominique de Villepin, a vu "un intérêt et peut-être une vertu à la déclaration que va faire le président de la République", si son objet est "moins de vanter un bilan que de déterminer des grandes lignes d'avenir, des enjeux nationaux pour tous les Français". L'ancien premier ministre a depuis décliné l'invitation à participer au Congrès, faite par le président de l'Assemblée Bernard Accoyer aux anciens présidents de la République, ex-premiers ministres et aux 72 eurodéputés français élus le 7 juin.

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a dénoncé l'attitude du PS, estimant que "ce qui fait la force du combat politique, c'est le verbe et l'écrit". "Imaginer que les hommes politiques de l'opposition aujourd'hui puissent penser être finalement assez faibles pour ne pas pouvoir prononcer un discours politique pour répondre au président de la République me paraît totalement irréaliste, extravagant", a-t-il commenté. Le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault a demandé que François Fillon "engage sa responsabilité" devant les députés après le prochain remaniement gouvernemental. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a répondu qu'il ne serait "pas anormal" que les députés soient amenés à se prononcer, par un vote de confiance ou une motion de censure, sur les grandes orientations de l'exécutif, engagées par le chef de l'Etat au Congrès. Ce qui nécessiterait que François Fillon reprenne ces propositions dans un discours de politique générale et engage la responsabilité du gouvernement.

DEBOUT LA RÉPUBLIQUE : François Bayrou ayant renoncé à bénéficier des 5 minutes de temps de parole accordées à un non-inscrit, c'est le président de DLR, le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui s'exprimera.

FRONT NATIONAL : Invité en tant qu'eurodéputé, le président du FN Jean-Marie Le Pen a décliné, "dans la ligne de la prise de distance que je souhaite à l'égard des autorités politiques du pays", car il "estime qu'elles ne font pas respecter les règles les plus élémentaires de la démocratie".

 

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