Sarkozy face au Congrès

Publié le par PRG

La Dépêche le 22 Juin

Tout au long du week-end, Nicolas Sarkozy, entouré notamment de Claude Guéant et de Henri Guaino, a peaufiné le discours qu'il prononcera aujourd'hui devant le Congrès réuni à Versailles. Cette intervention est inédite. C'est la première fois qu'un président de la République prendra la parole devant les parlementaires depuis… 1 848. Il le fera en application des nouvelles prérogatives que lui a accordées la révision de la Constitution. Dans le décorum fastueux du château de Versailles, Nicolas Sarkozy innove donc dans l'exercice du pouvoir présidentiel.

Deux semaines après le succès de la droite aux élections européennes, cette intervention solennelle revêt une dimension politique. Même si à l'Élysée on ne veut pas y voir l'amorce de la deuxième phase du quinquennat, elle survient tout de même à mi-mandat et à la suite d'un scrutin qui a affaibli l'opposition et provoqué une relative embellie du chef de l'État dans les sondages. Nicolas Sarkozy devrait s'exprimer pendant près d'une heure. « Il ne s'agira pas d'un discours de politique générale », tient-on à souligner à l'Élysée. Mais le Président évoquera tout de même les questions économiques et sociales sur fond de crise, notamment l'épineux sujet des dépenses publiques, l'âge du départ à la retraite ainsi que les risques de dépendance. Il devrait aussi aborder la réforme des collectivités locales qu'il entend mener à bien rapidement. Enfin, il s'exprimera sur l'éventualité d'une loi concernant le port du voile en France. Une manière de baliser quelques grands chantiers pour les mois à venir. Au terme de son allocution, Sarkozy quittera le château de Versailles, laissant les parlementaires se livrer à un débat sans vote.

C'est précisément cette organisation de la séance qui heurte une grande partie de l'opposition. Les Verts et le PC ont décidé de boycotter l'intégralité du Congrès estimant qu'il s'agissait d'une « mascarade » et d'une « tribune offerte à Sarkozy ». En revanche, le PS et le PRG participeront. Mais après avoir écouté le Président, les socialistes quitteront l'hémicycle considérant qu'un débat en l'absence de Sarkozy n'est qu'un « simulacre ». Les radicaux de gauche se prononceront contre la réforme du règlement, mais ils siégeront tout au long du Congrès. Au nom du groupe sénatorial RDSE, c'est Yvon Collin qui devrait prendre la parole lors du débat politique.

Remaniement mercredi ?

Les ministres seront bientôt fixés sur le sort que leur réserve le chef de l'Etat lors du remaniement qu'il devrait rendre public sans doute mercredi.

Alors que depuis plusieurs jours les hypothèses et les rumeurs les plus variées ont couru, parmi lesquelles une recomposition complète de l'équipe gouvernementale, l'idée dominante désormais est celle d'un remaniement «a minima». Seule certitude: il devra remplacer deux de ses trois ministres élus à Strasbourg qu'il souhaite voir partir au Parlement, Rachida Dati (Justice) et Michel Barnier (Agriculture).

Pour l'Agriculture, c'est Luc Chatel qui tiendrait la corde et à la Justice Michel Mercier, sénateur centriste et trésorier du MoDem.

Répondant au souhait présidentiel de poursuivre l'ouverture, l'arrivée de Michel Mercier, ami de François Bayrou, pourrait s'ajouter à celle d'un élu venu du PRG à un poste non encore déterminé.

Du coup, Xavier Darcos (Education), qui briguait l'Agriculture, resterait à son poste. Tout comme Jean-Louis Borloo (Ecologie), qui souhaitait la Justice.

Longtemps donnés partants, Roger Karoutchi (Relations avec le Parlement) et Christine Boutin (Logement), devraient finalement rester en poste.

 

 

 

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