Frédéric Mitterrand, prochain ministre de la Culture

Publié le par PRG

Libération le 23 Juin

Le directeur de la Villa Médicis va quitter Rome en début d'après-midi pour Paris. Il sera nommé demain mercredi au ministère de la rue de Valois en remplacement de Christine Albanel.
Frédéric Mitterrand a annoncé ce matin à ses collaborateurs et aux pensionnaires de la Villa Médicis à Rome son départ du prestigieux établissement culturel français et sa nomination comme ministre de la Culture, ont indiqué des sources fiables à Liberation.fr.

Le neveu de l'ancien président socialiste François Mitterrand, interrogé mardi par France 2 sur sa nomination, a affirmé qu'il s'agissait «d'une tâche exaltante et d'un honneur».

Alors qu'on l'interrogeait sur ceux qui demanderaient s'il était toujours de gauche, Frédéric Mitterrand a répondu : «Je leur laisse le soin de répondre à la question», ajoutant: «François Mitterrand, quand il ne voulait pas répondre, ne répondait pas. Je suis pareil».

«François Mitterrand ne se livrait pas au droit d'inventaire»

«Nicolas Sarkozy a bien été ministre au temps de Mitterrand», a-t-il justifié. Nicolas Sarkozy a été ministre du Budget et porte-parole du gouvernement d'Edouard Balladur de 1993 à 1995 durant la deuxième cohabitation. «Les adieux avec l'équipe de la Villa Médicis ont été très émouvants et je pense que cette expérience va beaucoup me servir pour la suite», a-t-il ajouté.

Alors qu'on lui demandait si François Mitterrand approuverait son choix, il a répondu : «Certainement. Vous savez, lui, il ne se prêtait pas au droit d'inventaire». Lionel Jospin avait revendiqué le «droit d'inventaire» pour se démarquer de l'action de François Mitterrand, ce qui lui avait valu l'hostilité d'une partie des mitterrandistes.

Si c'est le même Sarkozy qui l'avait envoyé à Rome, Frédéric Mitterrand n'a jamais affiché de proximité avec le Président. Spécialiste des monarchies - il a commenté nombre de cérémonies officielles de têtes couronnées à la télévision -, le neveu de l'ancien Président socialiste n'a jamais été réellement engagé à gauche, même s'il a adhéré au Mouvement radical de gauche (MRG) en juin 1993.

En 1995, il a soutenu Jacques Chirac lors de la campagne de l'élection présidentielle. Lequel, une fois à l'Elysée, lui a remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur.

Un an à Rome

Frédéric Mitterrand était arrivé il a seulement un an - le 4 juin 2008 - à l'Académie de France à Rome, alors que Georges-Marc Benhamou, ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, avait été avancé dans un premier temps, avant de déclencher une levée de bouclier de la part du monde artistique.

Avant de rejoindre Rome, Frédéric Mitterrand, écrivain et animateur de télévision, était le directeur général de TV5 Monde. A partir de septembre, il devait animer une émission culturelle mensuelle sur la chaîne Odyssée (groupe TF1) depuis la Villa Médicis.

De son côté, la ministre de la Culture Christine Albanel a déclaré ce matin qu'«il n'y a pas beaucoup de choses qui filtrent» sur le prochain remaniement, mais qu'en ce qui la concerne, elle assumera ses responsabilités «jusqu'à la dernière seconde, avec conviction».

Albanel a «fait de [son] mieux»

Une manière indirecte de confirmer son départ. «Je considère de toute façon que cela aura été un honneur d'être ici, d'assumer ces responsabilités. (...) Je peux dire que j'ai fait vraiment de mon mieux depuis deux ans. Tout m'a passionné. Maintenant tout va être la décision du président de la République.» Qui, à l'évidence, a déjà pris sa décision.

L'arrivée de Frédéric Mitterrand au ministère de la Culture est également une excellente nouvelle pour Yves Lecoq. L'imitateur vedette des Guignols de l'info, sur Canal+, excelle en effet dans la voix du futur ministre: «Bonsoaaaaaaarrrrr!»

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