Le gouvernement que devrait présenter Sarkozy

Publié le par PRG

Le Monde le 23 Juin

N
icolas Sarkozy mettait dans l'après-midi de mardi 23 juin la dernière main au remaniement ministériel. Une réunion avec François Fillon et le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a permis de caler le dispositif, qui doit être annoncé mercredi 24 juin dans la matinée et qui reste soumis à d'ultimes arbitrages. Il pourrait faire des annonces dès ce soir.

Selon nos informations, la ministre de la justice,
Rachida Dati, élue eurodéputée, serait remplacée par le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos. Ce dernier serait remplacé par Luc Chatel, actuel porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat à l'industrie et la consommation.

Michel Barnier quitte l'agriculture pour siéger à Strasbourg et sera remplacé par le sénateur du Rhône Michel Mercier, président du groupe Union centriste au Sénat et trésorier du MoDem de François Bayrou.

Comme il l'a lui-même annoncé, Frédéric Mitterrand, directeur de la villa Médicis, à Rome, va être nommé ministre de la culture, en remplacement de Christine Albanel, qui quitte le gouvernement après la sanction de la loi Hadopi par le Conseil constitutionnel.

Christine Boutin, ministre du logement, quitte son poste et devrait devenir ministre en charge des prisons, après que le chef de l'Etat a qualifié de "honte de la République" la situation en France. Elle pourrait être remplacée par Marc-Philippe Daubresse, député UMP du Nord.

Tout n'est pas arbitré sur l'industrie. M. Chatel pourrait être remplacé par le député Patrick Ollier à moins que Nathalie Kosciusko-Morizet ne récupère ses affectations en plus de l'économie numérique.

L'entrée de Patrick Ollier au gouvernement permettrait à sa compagne, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, de mieux accepter la venue comme secrétaire d'Etat chargé de la sécurité de Christian Estrosi, député-maire de Nice. Et éventuellement celle du député du Rhône Dominique Perben, qui pourrait devenir secrétaire d'Etat chargé de la réforme des collectivités territoriales.

Claude Allègre, ancien ministre de l'éducation de Lionel Jospin, pressenti pour devenir ministre de l'innovation et de l'industrie avant les élections européennes, pourrait hériter en lot de consolation d'un haut commissariat.

Les locataires du Quai d'Orsay ne changeraient pas d'affectation.

Roger Karoutchi, ministre chargé des relations avec le Parlement, devrait sortir du gouvernement. Il serait remplacé par le sénateur de l'Yonne, Henri de Raincourt, président du groupe UMP.

Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno devraient conserver l'environnement. Valérie Pécresse serait maintenue à la recherche et aux universités, tandis que Christine Lagarde et Eric Woerth resteraient à l'économie et au budget.

L'emploi, géré par le secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez, resterait attaché à Bercy en dépit des souhaits formulés par le ministre du travail, Brice Hortefeux.

Pour ne pas trop mettre à mal la parité homme-femme dans le gouvernement, Nicolas Sarkozy chercherait à faire entrer une femme, qui pourrait être Malika Benlarbi, sous-préfète chargée de mission pour la politique de la ville auprès du préfet de Paris.

L'entrée du député (Nouveau Centre) Maurice Leroy est encore en débat. Rama Yade resterait au gouvernement, mais il n'est pas exclu qu'elle aille au ministère des sports.

Françoise Fressoz, Sophie Landrin et Arnaud Leparmentier

Publié dans article sur le PRG

Commenter cet article