Télévision, cinéma, livres... Frédéric Mitterrand, un touche-à-tout à la Culture

Publié le par PRG

PARIS, 23 juin 2009 (AFP) - Télévision, cinéma, littérature, musique, rares sont les champs de la culture qui ont échappé à la patte éclectique de Frédéric Mitterrand, nommé il y a un an par Nicolas Sarkozy à la direction de la Villa Médicis et qui a annoncé lui-même son entrée au gouvernement, à la Culture.

Au final, le neveu de l'ancien président François Mitterrand ne sera resté que 10 mois à la tête de l'Académie de France à Rome qu'il voulait ouvrir davantage au public.

Homme de télévision, il voulait mieux faire connaître cette institution culturelle française grâce au petit écran. Il avait négocié avec la chaîne Odyssée (groupe TF1) une série d'émissions destiné à mettre à l'honneur ce lieu d'exception.

Frédéric Mitterrand est aussi un écrivain: "Lettres d'amour en Somalie" (1985), "Mémoires d'exil" (1990) ou "Le festival de Cannes" (2006). Il est aussi l'auteur remarqué de "La mauvaise vie" (2005), un ouvrage écrit à la première personne dans laquelle il expose sans fard son homosexualité.

Fils de l'industriel Robert Mitterrand, frère de l'ancien président, c'est d'abord dans le cinéma, sa passion, qu'il se lance après quelques années d'enseignement.

A 12 ans, il avait figuré dans "Fortunat", aux côtés de Michèle Morgan et Bourvil. Mais c'est comme directeur d'une chaîne de cinémas d'art et d'essai parisiens qu'il cherche d'abord à faire partager sa passion de la "toile" et des "étoiles". Plus tard, il passera derrière la caméra pour un long métrage salué par la critique, en filmant en Tunisie l'opéra de Giacomo Puccini "Madame Butterfly".

Mais Frédéric Mitterrand est d'abord un enfant terrible de la télé, avec laquelle ses rapports ont toujours été tumultueux.

Avant de prendre ses distances fin juin 2005 avec la chaîne TV5Monde, dont il était le directeur général délégué en charge des programmes depuis septembre 2003, il a réalisé et présenté une vingtaine d'émissions, dont beaucoup ont marqué l'histoire du petit écran.

Les téléspectateurs les plus âgés se souviennent de son célèbre "Bonsoir" (prononcer: Bonsouâr), qu'il lançait d'une voix profonde sur l'antenne de TF1 pour présenter en 1988 un magazine mensuel en public et en direct.

"Etoiles et toiles" sera le nom de la première émission, consacrée au cinéma, qu'il anime sur la Une à partir de 1981.

Fin 1988, il quitte avec fracas TF1, devenue chaîne privée, pour Antenne 2, chaîne du service public. "Ils n'aiment ni les Noirs, ni les Arabes, ni les pédés, ni les gens de gauche. Autant dire que je n'avais pas beaucoup d'avenir", déclare-t-il à l'époque.

Dans son domaine de prédilection, les stars du cinéma et les têtes couronnées, dont il déroule les destins avec gourmandise, Frédéric Mitterrand enchaîne les magazines controversés, mais jamais anodins ("Destins", "Etoile Palace", "Du côté de chez Fred", "C'est votre vie", "Les amants du siècle").

Sans indulgence pour les chaînes privées, il n'en montre pas davantage pour l'audiovisuel public. Récompensé en 1990 par un "7 d'Or" pour son émission de variétés "Carte blanche à Frédéric Mitterrand", il dépose son trophée par terre là où, selon lui, "se trouve le service public".

Le personnage est tout aussi inclassable en politique. Malgré son nom, il refuse de céder aux sirènes du socialisme sur les traces d'un oncle qu'il admire. Il adhère en juin 1993 au Mouvement des radicaux de gauche (MRG). Deux ans plus tard, en mai 1995, il apporte son soutien à Jacques Chirac, candidat à la présidence de la République. Et il avoue une certaine fascination pour la monarchie.

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