Sarkozy referme la parenthèse des européennes et prône l' audace

Publié le par PRG

L'Express le 24 Juin- Nicolas Sarkozy a refermé la parenthèse post-élections européennes en demandant à son nouveau gouvernement de montrer "audace réformatrice", solidarité et prudence dans l'expression publique.

Nicolas Sarkozy a refermé la parenthèse post-élections européennes en demandant à son nouveau gouvernement de montrer "audace réformatrice", solidarité et prudence dans l'expression publique. Une feuille de route en forme de serrage de boulons au lendemain de la nomination d'un gouvernement dont le chef de l'Etat a éliminé les poids morts, redistribué les postes clefs à des ministres de confiance et renforcé la composante UMP. (Reuters/Benoît Tessier)

Une feuille de route en forme de serrage de boulons au lendemain de la nomination d'un gouvernement dont le chef de l'Etat a éliminé les poids morts, redistribué les postes clefs à des ministres de confiance et renforcé la composante UMP.

Lors du premier conseil des ministres de la nouvelle équipe, il a averti ses 39 membres qu'ils seraient "évalués sur leur capacité à réformer" le pays, a rapporté le nouveau ministre de l'Education, Luc Chatel.

"Il leur a demandé d'être porteurs d'idées, de projets politiques, et donc d'être autonomes vis-à-vis de leur administration", a ajouté l'ex-secrétaire d'Etat à l'Industrie, qui fait figure de meilleur espoir du casting gouvernemental après cette promotion, et reste porte-parole du gouvernement.

Le chef de l'Etat a demandé aux ministres et secrétaires d'Etat d'être très présents au Parlement et de travailler "très en amont" avec les parlementaires, tirant ainsi les leçons des couacs qui ont jalonné ces derniers mois les relations entre le gouvernement et la majorité présidentielle.

Les élections européennes du 7 juin, marquées par la victoire du parti du président, l'UMP, et l'émiettement de l'opposition, ont conforté Nicolas Sarkozy dans sa stratégie politique, mélange de volontarisme et d'ouverture contrôlée.

En matière d'ouverture, Nicolas Sarkozy a cependant fait, cette fois, preuve d'une audace très limitée - une façon de réduire les risques de dérapage.

On attendait l'ex-socialiste Claude Allègre ou le radical de gauche Paul Giacobbi. C'est finalement le sénateur centriste Michel Mercier (MoDem), nommé à l'Aménagement du territoire, qui joue le rôle du ministre d'ouverture dans ce remaniement.

PÉRIODE LOURDE DE DANGERS

Quant à la nomination à la Culture de Frédéric Mitterrand, neveu du président socialiste défunt, elle relève plus de la captation de label politique que de l'ouverture.

La période qui s'ouvre et qui conduira aux élections régionales de 2010, n'en est pas moins lourde de dangers, des conséquences de la crise économique, qui continue à faire flamber le chômage et à creuser les déficits publics, au lancement de réformes potentiellement explosives.

Dans son discours devant le Parlement réuni en congrès à Versailles, Nicolas Sarkozy a énuméré lundi une litanie de réformes déjà engagées ou envisagées, qu'il a dit vouloir mener "jusqu'au bout".

C'est le cas du projet de loi Hadopi visant à lutter contre le piratage des oeuvres artistiques sur internet, censuré par le Conseil constitutionnel le 10 juin et repris sous forme d'un nouveau texte présenté mercredi en conseil des ministres - un projet défendu désormais par la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, et non plus par le ministre de la Culture.

C'est aussi le cas de la réforme des collectivités territoriales, qui promet de belles empoignades avec les députés et sénateurs, et celle des retraites, pour laquelle Nicolas Sarkozy a dit que tout devrait être mis sur la table, y compris l'âge de cessation d'activité et la durée de cotisation.

La mise en chantier de la réforme des retraites sera l'une des tâches de Xavier Darcos, que le chef de l'Etat a finalement choisi de nommer aux Affaires sociales à la place de Brice Hortefeux, dont le bilan à ce poste, qu'il n'occupait que depuis six mois, est plus que mitigé.

L'ancien ministre de l'Education laisse lui-même à son successeur, Luc Chatel, deux chantiers inachevés, la réforme du lycée et celle de la formation des enseignants, et la patate chaude de la suppression de 16.000 postes en 2010.

Pour le reste, les ministres sont invités à plancher au cours des trois prochains mois sur les "priorités nationales" qui seront financées par le grand emprunt que Nicolas Sarkozy a annoncé lundi à défaut de tracer plus précisément les "nouveaux horizons" promis la semaine dernière par l'Elysée.

Publié dans dépêche sur le PRG

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