La journée la plus longue pour ministres en sursis et députés fébriles

Publié le par PRG

PARIS, 23 juin 2009 (AFP) - Rachida qui sourit et Roger qui s'inquiète... entre rumeurs, auto-proclamation de Frédéric Mitterrand, blagues de potaches, c'est la journée la plus longue pour des ministres en sursis et des députés UMP qui aimeraient être du gouvernement Fillon IV.

"Alors t'as entendu que Mitterrand en serait ?", lance dans la matinée un député UMP. "T'es en retard, mon vieux. Il l'a déjà annoncé lui-même !", lui répond un collègue à la sortie de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée.

"C'est la première fois qu'un gouvernement est annoncé depuis Rome !", raille le villepiniste Jean-Pierre Grand.

La pilule Mitterrand passe mal à droite. "C'est pas comme pour les Deniau ? Il n'y a pas erreur sur le prénom ?", persifle un député, en référence à la nomination de Xavier Deniau en lieu et place de son frère Jean-François.

A gauche, on fait mine de ne pas être affecté. "C'est un présentateur de télévision qui va devenir ministre de la Culture", assène Arnaud Montebourg (PS).

Anxieux, même quand ils n'ont pas de souci à se faire, les ministres sont venus plus nombreux que d'habitude devant les députés UMP. "Le jour le plus long c'était dimanche, jour de l'été, mais pour nous, c'est aujourd'hui...", blague un ministre, pourtant en vue.

"Urgent ! Rappelez Claude Guéant !". Potache, le député UMP Dominique Dord envoie, en pleine réunion, ce SMS à plusieurs collègues dont Hervé Mariton, Michel Herbillon, Yves Nicolin... Certains tombent dans le panneau et quittent précipitamment la réunion pour téléphoner et découvrir le canular.

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, compatit avec les ministres menacés. "J'ai vécu trois fois de suite des journées de remaniement où j'étais directement concerné. C'est quand même des journées très, très difficiles psychologiquement".

"Mais pensez à ceux qui ne les ont jamais vécues !", plaisante à ses côtés, son vice-président Bernard Deflesselles, suscitant l'hilarité générale.

Simple hasard ou volonté d'affaiblir M. Copé ? Son bras droit, Christian Jacob, est courtisé toute la journée. "Quel ministère veux-tu ?", lui aurait lancé François Fillon en le recevant à Matignon. Ira, ira pas ? Interrogé, l'intéressé lâche: "Fillon m'a proposé quelque chose. Point barre. Je me suis engagé à ne rien dire".

Un autre chiraquien, François Baroin, dont le nom circule aussi, est plus catégorique: "Moi au gouvernement ? C'est flatteur mais c'est du pipeau".

A deux pas, ses collègues Edouard Courtial et Axel Poniatowski, également possibles entrants, ne refuseraient pas, eux, mais promis, juré, ils n'ont pas été contactés.

Autre prise possible au nom de "l'ouverture", Paul Giaccobi (PRG) qui la joue énigmatique: "A mon avis, je serai encore député dans 24 heures... en tout cas légalement". De fait, tout parlementaire a un mois avant d'être remplacé par son suppléant.

Tout de blanc et parme vêtue, Rachida Dati (Justice) arrive en retard pour sa dernière séance des questions d'actualité. Elle papote avec ses voisins, plaisante avec le député PCF Jean-Pierre Brard. Pas trop triste à la sortie ? "La preuve !", répond-elle en arborant un sourire éclatant.

Roger Karoutchi (relations avec le Parlement), en revanche, a la mine des mauvais jours. Le visage fermé, il esquisse une moue très dubitative quand on lui demande s'il reste au gouvernement. "Si je pars, j'espère que je vais vous manquer...".

 

Publié dans dépêche sur le PRG

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