Budget au bel éclat perdu

Publié le par PRG

Sud Ouest le 27 Juin

CONSEIL GÉNÉRAL. A l'appui du compte administratif 2008 voté hier, l'opposition s'alarme de la dégradation des finances départementales.

Pas de doute là-dessus, l'époque bénie des budgets rondement ficelés est bien révolue. Si le département engage à l'occasion de cette première décision modificative 5 millions d'investissement et 3,5 millions d'euros de fonctionnement (1), il anticipe une nouvelle baisse des droits de mutation de l'ordre de 9 millions d'euros d'ici à la fin de l'année. Visibilité réduite. La faute à la crise. La faute à l'État, complète vivement l'opposition, brandissant le compte administratif 2008 voté hier.

Gilles Gautronneau (PRG, La Rochelle 1) détricote ainsi le rapport de 94 pages. Pour lui, pas de doute : le département est engagé depuis deux ans sur une pente vertigineuse. « C'est avéré, l'État ne compense pas à parité les transferts de personnels qu'elle impose au département. On le dit depuis des mois, la majorité nous taxe de mauvaise foi, mais aujourd'hui personne ne le conteste. Notre capacité d'autofinancement a baissé en conséquence, et malheureusement nos investissements ont massivement augmenté en 2007. Année d'élection, comme par hasard. En deux ans, le discours sur la bonne santé financière a volé en éclat, et cette année on a dû augmenter la fiscalité.

Mais l'impôt ne peut pas être la seule variable d'ajustement : il va falloir reprendre les commandes manuelles, maîtriser le fonctionnement, cibler les investissements : on n'a pas fini de payer la loi Raffarin... ». De la parole au geste concret, il n'y a cette fois qu'un pas : l'opposition demande un réajustement du plan de relance au bénéfice de l'investissement de proximité (notre édition d'hier). Demande contestée par Daniel Laurent (UMP, Pons) : « les entreprises de travaux publics ont de réelles difficultés, c'est moins le cas des entreprises artisanales ».

Reprendre les commandes manuelles ? À l'heure de faire voter le compte 2008, le vice-président en charge des finances Jean-Louis Frot (UMP, Rochefort) met tout le monde à l'aise : « le taux de rigidité des charges, autrement dit les charges incompressibles, est passé de 61,1 % en 2005 à 67,5 % en 2008. Tous les départements sont touchés, la Charente-Maritime plutôt moins que d'autres. Les problèmes sont sans doute devant nous pour plusieurs années. Dans ce contexte, il faut préparer ensemble, et sérieusement, l'année 2010 ».

(1) Dominique Bussereau a précisé que ce budget supplémentaire permettrait de « poursuivre l'effort sur la voirie départementale » et de multiplier les travaux au centre des petites communes. Une réserve de 5 millions d'euros est également provisionnée pour la fin de l'année afin de faire face aux incertitudes liées au RSA et à l'évolution des droits de mutation.

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