Hénin-Beaumont, la gauche en miettes

Publié le par PRG

Le JDD le 28 Juin

Il y en a quelques-uns, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), qui vont aujourd'hui retenir leur souffle. Après une campagne éclair, les habitants doivent élire - premier tour aujourd'hui - leur nouveau maire et, pour le coup, ils ont le choix. Neuf listes sont en lice, dont cinq de gauche. En première ligne, un Front national de plus en plus puissant, emmené par une Marine Le Pen qui ne se gêne pas pour dénoncer sur tous les tons le bilan calamiteux de la gauche locale.

Le 7 avril dernier, Gérard Dalongeville, l'ancien maire PS, a été mis en examen et incarcéré pour détournements de fonds publics et favoritisme. Depuis, la gauche locale patauge. Dans son bureau de campagne, le socialiste Pierre Ferrari, tiré à quatre épingles, sait que l'enjeu est de taille. La ville, historiquement à gauche, peut basculer. Après le retrait de Marie-Noëlle Lienemann, qui a préféré jeter l'éponge, la rue de Solferino lui a préféré un candidat radical de gauche. Mais ce jeune homme de 27 ans, membre du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), a fait fi, à quelques heures de la limite des dépôts de candidatures, des volontés de Martine Aubry: avec l'aide du MoDem et du PCF, il a décidé de présenter sa propre liste, qu'il conduit. Exit, donc, la liste d'union de gauche pour barrer la route au Front.

Un "coup de force" qui lui a fait perdre l'appui de la fédération socialiste du Pas-de Calais... un temps seulement: du bout des lèvres, le 17 juin, le PS lui a finalement apporté son "plein soutien". Dans les rues d'Hénin, tracts en mains, le jeune homme, "entré en politique il y a cinq ans", fils d'un directeur d'hôpital et d'une conseillère principale d'éducation, frappe aux portes, tente de convaincre des habitants plus défiants que jamais à l'égard des politiques. Dalongeville, toujours: on voudrait bien l'oublier, mais il est sur toutes les lèvres, un peu trop au goût des socialistes. Les échanges sont parfois vifs. Ferrari, droit comme un I, riposte, argumente. Mais souvent piétine. Selon un sondage paru mercredi dans La Voix du Nord, le FN serait en mesure d'arriver en tête, avec 35% des voix, au premier tour. Et de remporter le scrutin avec 37% en cas de triangulaire au second tour.

Triangulaire

"Le grand responsable de cette cacophonie, c'est le PS" Triangulaire. Le mot fâche un peu à Hénin-Beaumont. Si Ferrari rassemble derrière lui le PCF, le MCR et le MoDem, d'autres, comme les Verts ou Pierre Darchicourt, un ancien maire PS, ont refusé de se joindre à cet attelage. Daniel Duquenne en tête. Cet ex-socialiste a fini par créer son propre mouvement, l'Alliance républicaine. "Je suis le premier à avoir quitté le système Dalongeville, claironne-t-il. Mais le grand responsable de cette cacophonie, c'est le PS." Au coude à coude avec la liste Ferrari, il est crédité de 18 % au premier tour. Qui des deux acceptera de se désister au profit de l'autre ce soir ? "Chacun doit prendre ses responsabilités", souhaite Daniel Duquenne. Ferrari parle d'"un choix républicain". Les discussions s'annoncent longues.

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