Bayrou doit remettre en cause sa stratégie

Publié le par PRG

  • Le Figaro le 3 Juillet

    Le MoDem tient samedi un conseil national à huis clos, après son échec aux européennes.
  • Membre fondateur de l'UDF créée en 1978, l'ancien ministre Didier Bariani s'est mis en retrait du MoDem, reprochant à son président François Bayrou sa «mise en cause récurrente du chef de l'État» qui, selon lui, «ne constitue pas une alternative».

    LE FIGARO. - Comment analysez-vous le revers subi par le MoDem aux européennes ?
    Didier BARIANI. - Je crois que François Bayrou se remettra de cet échec, mais ce qu'il a tenté d'incarner, c'est moins sûr. Dans la campagne, on a principalement retenu son aversion, obsessionnelle, maladive, pour le chef de l'État. Et ça ne suffit pas pour faire une politique. Cette quête du Graal de l'indépendance s'est transformée depuis quelques mois en une volonté de faire du MoDem le parti du premier opposant à Nicolas Sarkozy. Ce rôle a peut-être flatté l'orgueil de François Bayrou, mais la mise en cause récurrente du chef de l'État ne constitue pas une alternative. Et cette technique n'a pas retenu l'adhésion. Par exemple, les socialistes déçus de la gauche se sont reportés sur les écologistes plutôt que sur le MoDem. J'ajoute que c'est une manœuvre pas très réglo vis-à-vis des gens qui le soutenaient, et qui espéraient un vrai positionnement, ni à gauche ni à droite. La troisième voie lui échappe de plus en plus. C'est dommage.

    Irez-vous au conseil national du MoDem ?
    Je ne pense pas. Je n'ai peur de rien, mais si j'y vais, ce sera l'affrontement. Il faut absolument un déverrouillage du parti. Marielle de Sarnez doit passer la main et renoncer à l'emprise psychologique, personnelle et politique qu'elle exerce sur l'ensemble de cette famille politique.

    Comptez-vous rester membre du MoDem ?
    Je n'ai pas fait la démarche d'en partir, mais depuis quelques mois, je me suis mis en retrait. Je garde toute mon affection pour François Bayrou, mais il faut qu'il remette en cause sa stratégie politique et qu'il fasse son autocritique au conseil national. Je me méfie du syn­drome groupusculaire qui, à chaque élection, affecte le centre. Je redoute cette balkanisation de la famille centriste. S'il est impossible d'obtenir un infléchissement des positions des dirigeants du MoDem, chacun retournera à sa famille d'origine. Le Parti radical en ce qui me concerne.

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