Michel Mercier face aux lecteurs du Progrès

Publié le par PRG

Le Progrès le 4 JUILLET

« La réforme des collectivités peut-elle déboucher sur une baisse de la fiscalité ? »

Daniel Tremblay Villefranche-sur-Saône

MICHEL MERCIER : Faire des économies, c'est un des buts de cette réforme. La décentralisation a plutôt été une réussite, mais les citoyens ne s'y reconnaissent pas bien. Quand on construit une salle polyvalente, une partie est payée par la commune, une autre par le Département, une troisième par la Région. On ne sait pas bien qui fait quoi. La réforme a pour but d'apporter de la clarté. Dans l'idée du président de la République, il n'est pas question de supprimer les communes, les Départements ou les Régions, mais de les rapprocher, avec un élu unique pour le Département et la Région. Un seul conseiller territorial siégera dans les deux assemblées. Il devrait y avoir moins de course à l'échalote entre les collectivités.

« Pourquoi le département du Rhône n'aide-t-il pas plus les clubs de sports de niveau national ? »

 Maurice jolivet Lyon

MICHEL MERCIER :  Nous aidons l'ensemble des clubs de niveau national avec une doctrine établie depuis plusieurs années. Nous aidons les équipements : il n'y a pas un stade, pas une salle de sport qui ne se fait sans l'aide du Département. Nous aidons aussi les clubs de la base, à travers une dotation en maillots. Si vous voulez plus d'aides comme vous me dites que ça se fait ailleurs, il faut aussi demander les taux d'imposition des départements voisins. Et nous devrons augmenter les impôts…

« Pourquoi les anciens combattants ne bénéficient-ils pas de la gratuité dans les transports en commun dans l'agglo lyonnaise contrairement à d'autres villes ? »

Étienne Falco Villeurbanne

MICHEL MERCIER : C'est une question qui relève de la responsabilité du Sytral, financé à 80 % par le Grand Lyon. Cette question prend un tour passionnel et ce n'est pas bon. Il faut un dialogue plus nourri. Les anciens combattants ont droit à une reconnaissance. Je demanderai à Bernard Rivalta, le président du Sytral, de rouvrir la discussion, pour une réunion apaisée. Vous me dites que le Sytral estime à 22 000 le nombre d'anciens combattants dans l'agglomération alors que vous parlez de 9 000, cette différence de chiffres devrait être vite réglée.

« Que pensez-vous de la proposition de Martine Aubry de fusionner les listes MoDem et PS pour les élections régionales ? »

Stéphane Boutorine Meyzieu

MICHEL MERCIER : En disant ça, elle devait surtout penser au succès des listes socialistes. Je suis pour un centre indépendant et autonome. Les conditions ne sont pas réunies pour un centre avec le PS. Le PS ne sait pas ce qu'il fait avec sa gauche. Je ne suis pas d'accord pour parler d'une alliance tant que cette question n'est pas réglée.

« Qu'en est-il de vos relations avec François Bayrou et de votre positionnement politique aujourd'hui ? »

Stéphane Boutorine Meyzieu

MICHEL MERCIER : 
Je n'étais pas complètement d'accord avec le MoDem, c'est la raison pour laquelle j'ai pris pas mal de distance. Vous me parlez de François Bayrou ? Il ne faut pas confondre amitié, la mienne lui est acquise, et choix politique. J'essaye de rester moi-même dans la majorité présidentielle, le président de la République respecte tout à fait cela. L'homme, que je fréquente depuis une dizaine d'années, ne correspond d'ailleurs pas à l'image qu'on donne de lui dans les journaux. J'ai autrement de très bonnes relations avec les radicaux au Sénat, je ferai tout pour qu'ils soient dans un groupe commun avec les centristes car nous sommes d'accord sur l'essentiel.

« Est-il exact qu'on vous prédisait déjà un destin ministériel dans la cour de l'école communale de Thizy ? »

Jean-Claude Gross L'Arbresle

MICHEL MERCIER : C'est ce que m'avaient dit mes copains d'école. Mais ça fait partie de ce qu'on peut se dire quand on est gamin. J'ai fait tout mon cursus scolaire en milieu rural. Nous ne sommes que deux garçons de la commune à avoir continué après le BEPC. On se retrouve d'ailleurs tous les cinq ans pour fêter l'obtention de notre BEPC, en 1962. Là, on va peut-être se retrouver plus tôt.

« Vous avez toujours fait part de votre opposition au projet actuel de liaison A 89/A 6 à Limonest. Votre nomination va-t-elle mettre fin à ce projet ? »

Corinne Bouchut Dardilly

MICHEL MERCIER : Je suis toujours favorable à ce qu'on relie les deux le plus au nord possible. Mais je sais aussi qu'il y a des obligations juridiques. La déclaration d'utilité publique (DUP) de l'A89 oblige le gouvernement à effectuer le raccordement avec l'A6 en même temps que la mise en service de l'A89. La position du conseil d'Etat contraint le ministre de l'Environnement. La décision sera prise dans les jours qui viennent. J'espère bien pouvoir caler un rendez-vous avec le ministre pour les élus locaux d'ici là. Le problème, c'est que nous n'avons pas été capables de nous positionner tous sur un tracé commun. Le credo local, c'était : « pas chez moi ».

« Votre entrée au gouvernement peut-elle avoir un impact sur le projet de l'A45 Lyon/ Saint-Étienne ? »

Paul Laurent Brignais

MICHEL MERCIER : Les autoroutes ne sont pas dans le portefeuille ministériel qui m'a été confié. On peut certes avoir sa position, mais comme l'a très bien dit Jean-Pierre Chevènement, « quand on est au gouvernement, on ferme sa gueule ou on s'en va ». Le problème de cette autoroute, comme de l'A89 d'ailleurs, c'est l'arrivée dans l'agglomération. Ce sujet est pendant depuis vingt ans. Soit on est d'accord pour dire qu'elle passe à un endroit précis, soit on attend que l'Etat choisisse pour nous. Les solutions que nous avons proposées ne sont pas opératoires. Il ne faut en tout cas pas faire de Lyon un réceptacle de tous les véhicules qui ne peuvent ni y entrer ni en sortir.

« Quand vont être bouclés le dernier tronçon du périphérique Ouest et la couverture du boulevard du Valvert ? »

Christian Vigan Tassin-la-Demi-Lune

MICHEL MERCIER : C'est une question qui concerne Gérard Collomb car c'est le Grand Lyon qui assure la maîtrise d'ouvrage de cette affaire. Le Département payera la moitié de ce que le péage ne financera pas dans cette opération tout à fait nécessaire. Nous avons récemment fait un voyage de reconnaissance en autocar avec Gérard Collomb sur un trajet que tout le monde connaît, celui fixé sous Michel Noir, et qui ne pose pas de problème. Quant au Valvert, ça sera la première partie de ce tronçon du périphérique. Il sera en tranchées couvertes. Dessus, on peut imaginer une voirie locale ou des espaces verts.

« La circulation est un problème majeur à L'Arbresle. Qu'en est-il du projet de déviation ? »

Jean-Claude Gross L'Arbresle

MICHEL MERCIER : Je voudrais utiliser la future bretelle de l'A89 pour faire une déviation. Il y a là une négociation à avoir avec la société autoroutière pour bien desservir L'Arbresle et Sain Bel. On peut passer du côté de Sourcieux-les-Mines ou passer de l'autre côté. Le tunnel ? C'est une idée encore largement intellectuelle. L'idée d'un péage n'est pas écartée car il faut un peu demander à l'utilisateur. S'il estime que son temps est si important, il peut payer une part de son investissement.

« Le beaujolais a-t-il encore un avenir selon vous ? »

Daniel Tremblay Villefranche-sur-Saône

MICHEL MERCIER : Je suis sûr qu'il en a un. A Paris, il y a du beaujolais dans tous les restaurants de quartier où je vais. Et quand je vois le prix d'un verre de brouilly en face du Sénat, je me dis qu'il vaut mieux acheter une bouteille ici.

Les jeunes ont un devenir dans le beaujolais, mais il faut s'adapter au marché mondial du vin, qui est un marché mature. Il peut encore progresser en Chine et au Japon. Il y a de plus en plus de bons producteurs dans le monde, grâce aux œnologues formés ici.

Il faut faire de la qualité et se préoccuper de la commercialisation. Il faut rechercher les bonnes alliances.

« Comment s'est passée l'installation dans votre ministère ? »

Stéphane Boutorine Meyzieu

MICHEL MERCIER : Mon premier chantier a été de découvrir et de construire ce ministère car il est nouveau. C'est un ministère qui prend un peu à tous les ministères, et c'est difficile, car tous ont envie d'en garder le maximum.

En ce moment, nous jetons les bases.

Nous avons déjà travaillé sur la loi de réforme des collectivités.

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