Accoyer (UMP) "trop tôt" pour se prononcer sur une loi anti-burqa

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PARIS, 8 juillet 2009 (AFP) - La mission d'information parlementaire sur la port de la "burqa" ou du "niqab" a ouvert mercredi ses travaux avec les auditions de l'antropologue Dounia Bouzar et du philosophe Abdennour Bidar.

Pour le député du Rhône André Gérin (PCF), président de la commission, il s'agissait de faire "un état des lieux sur le port du voile intégral et ce qu'il représente" par rapport à l'ordre public, à la liberté, la laïcité et les droits de la femme.

"Nous souhaitons déboucher sur des préconisations qui soient le plus largement partagées (...), permettre à un islam apaisé, respectueux des lois de la République, de trouver sa place en France et faire reculer le fondamentalisme", a-t-il précisé.

La commission va procéder d'ici le 10 décembre 2009 à une série d'auditions de maires, d'associations de défense du droit des femmes, de spécialistes de l'islam, de sociologues, et rendra son rapport fin décembre, a encore annoncé M. Gérin, qui est à l'origine de cette commission parlementaire.

Le 17 juin, il avait déposé une proposition de résolution afin de créer une commission d'enquête parlementaire sur le port, par certaines musulmanes, de la "burqa" ou du "niqab", un voile qui les recouvre entièrement. Finalement il a été décidé de créer plutôt une mission d'information, jugée d'un fonctionnement plus souple.

Cette mission de 32 membres (17 UMP, 11 PS et PRG 2 NC, 1 PCF et 1 Verts) aura pour rapporteur le député UMP de Seine-Saint-Denis Eric Raoult.

Mme Bouzar a expliqué que le voile intégral était le fait de salafistes qui disent se réfèrer à l'islam des origines et se tiennent à l'écart du monde extérieur considéré comme impur. Elle a parlé du "comportement sectaire" de ces groupes sensibles au discours de quelques "gourous", insistant sur le fait que le port du voile intégral ne relève pas d'une prescription coranique.

M. Bidar a expliqué que le voile intégral était une forme d'expression radicale et demandé d'étudier quelle limite il fallait fixer à la liberté de conscience et au droit à la différence au sein de la société. Il a dit ne pas savoir s'il faut légiférer sur le voile intégral, "si c'est le bon moyen pour éviter (sa) prolifération".

 

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