Bernard Accoyer : “Ils ont sauvé l’honneur du Parlement français”

Publié le par PRG

France Soir le 11 Juillet

Le président de l’Assemblée nationale a salué vendredi le « courage » des 80 parlementaires qui avaient refusé de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940. Une célébration.

Il est des refus qui font la grandeur du mandat parlementaire. C’est, en substance, ce qu’a souligné avec force Bernard Accoyer, vendredi, lors d’une cérémonie commémorative à Vichy (Allier), en rappelant que le 10 juillet 1940, 80 députés et sénateurs avaient voté contre la loi constitutionnelle qui confiait les pleins pouvoirs au gouvernement du maréchal Pétain dans une salle de l’actuel Opéra de la célèbre station thermale. « Chaque fois que le 10 juillet des femmes et des hommes se rassemblent ici en mémoire des 80, a-t-il assuré, c’est d’abord le courage qui est honoré. »

Qualifiant ce vote des 80 parlementaires comme « l’un des premiers actes de résistance », il a également fait part de son « émotion » lors de la visite de la salle où s’est déroulé l’événement. « N’oublions jamais, a-t-il poursuivi, à quel point la question institutionnelle joue un rôle déterminant dans notre pays », non sans souligner au passage que les « 80 bulletins contre » étaient aussi « des bulletins pour une France démocratique assumée, pour une France capable de relever tous les défis ». A ses yeux, « être confronté à de grands choix » et « se prononcer après la délibération commune selon l’idée qu’on se fait de l’Homme, de la France, de l’intérêt général » font toute la grandeur du mandat parlementaire.

En marge de la cérémonie, Bernard Accoyer a tenu auprès des journalistes présents à mettre l’accent sur « l’étonnante diversité » politique des 80 députés et sénateurs et sur le fait que par leur acte, ces parlementaires avaient « sauvé l’honneur du Parlement ». Il a rappelé que ces hommes politiques avaient souvent « payé au prix fort » leur acte, que trois d’entre eux avaient été assassinés et que dix avaient été déportés (dont cinq n’étaient jamais revenus). Bernard Accoyer a également profité de l’occasion pour assurer « avoir personnellement à cœur de tout faire pour reformer l’Assemblée nationale, la rendre plus efficace et bien sûr améliorer son image ».

Il semblerait que le président de la République avait initialement prévu de se rendre à Vichy – le déplacement a même été programmé dans son agenda –, mais qu’il en a été empêché par la tenue du G8 à L’Aquila, en Italie et par l’impérieuse nécessité de sa présence à cette réunion des chefs d’Etat des pays les plus industrialisés du monde. C’est donc le président de l’Assemblée nationale qui a répondu à l’invitation du député de l’Allier Gérard Charasse (PRG). Mais l’an prochain, à l’occasion du 70e anniversaire du vote des 80, il se pourrait bien que Nicolas Sarkozy participe à la célébration.

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