Aubry part à la recherche de la gauche plurielle

Publié le par PRG

Le Figaro le 10 Juillet
 
La première secrétaire propose aux partenaires traditionnels de son parti de bâtir une « maison commune ».


TOUS entraînés dans le même échec ? La crise idéologique et stratégique toucherait toutes les formations de gauche, veut croire Martine Aubry. C'est toute la « maison commune » qu'il faut (re)construire, dit-elle. L'idée et la formule ont été lancées au lendemain des élections européennes ratées pour le PS. Pour l'instant, ce concept n'a pas trouvé d'écho chez les autres formations de gauche.

« Le terme pourra être modifié, c'est un terme ouvert », explique, en privé, la numéro un du PS en insistant sur un point : il ne s'agit « pas seulement » de discuter d'un « accord électoral ». Elle promet d'aller plus loin et évoque « l'élaboration d'un projet commun de la gauche en 2012 ». Dans la foulée du séminaire de Marcoussis, mardi dernier, consacré au projet de société du PS, la première secrétaire a donc décidé d'ouvrir la discussion. En tout cas de la proposer, dans une lettre envoyée mercredi à ses partenaires.

Presque personne n'a été oublié : Jean-Michel Baylet, président des Radicaux de gauche, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement radical et citoyen, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, et Daniel Cohn-Bendit, nouveau leader de l'écologie politique. Ni l'extrême gauche, incarnée par Olivier Besancenot, ni les centristes, menés par François Bayrou, ne font partie des destinataires. Pour l'instant, le PS ne veut dialoguer qu'avec les anciens de la « gauche plurielle ».

Avec eux, Martine Aubry voudrait préparer les régionales de 2010. Le PS dirige 20 Régions sur 22 et a donc tout à y perdre. « Nous devons accorder à ce dialogue tout le sérieux nécessaire en nous donnant le temps qu'il faut, mais sans en perdre : pour nous, notre rassemblement doit s'engager dès les élections régionales », écrit-elle. La division a un coût, prévient-on au PS. « Ce sera plus compliqué de gagner 2012 si on perd les régionales… », explique aussi François Lamy, le bras droit de Martine Aubry.

 

Le PS « prêt » à changer

 

La première secrétaire met en garde ses partenaires. « Pour gagner, nous devons surmonter les divisions de nos mouvements et ou de nos partis. Nous devons changer », écrit-elle. Mais, depuis l'échec des européennes, les autres partis de gauche regardent les socialistes d'un autre œil.

« Le résultat des dernières élections est un nouvel échec pour les forces de progrès, même si les résultats individuels ont été contrastés, analyse Aubry dans sa lettre. C'est peu dire : les écologistes ont presque fait jeu égal avec le PS. Nous réunissons plus de voix que la droite mais nous apparaissons collectivement comme les perdants. Et si certains partis de gauche se détachent à telle ou telle élection, nous sommes incapables de transformer notre force collective en alternative politique à la droite. » Pour les socialistes, les Verts, devenus ambitieux, auraient intérêt à plus de modestie (nos éditions d'hier). Aux régionales, « le réseau d'élus PS fera la différence », dit-on en substance dans l'entourage de la première secrétaire.

Mais tandis qu'Aubry rêve d'une gauche qui parlerait « d'une seule voix », les partenaires du PS se souviennent encore des tentations hégémoniques des socialistes. « Je n'oublie pas les années qui se sont écoulées », confie notamment la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot. Dans sa lettre, Martine Aubry assure que le PS est « prêt » à changer. Pour l'instant, elle n'a reçu aucune réponse. Elle avait noué peu de contacts avec ses homologues avant les européennes.

 

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