Election municipale à Aix-en-Provence, après invalidation du scrutin de 2008

Publié le par PRG

MARSEILLE (AFP) Le 12 Juillet

La partie s'annonce serrée pour la nouvelle élection municipale ce dimanche à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), la maire sortante UMP Maryse Joissains affrontant au premier tour quatre listes, dont une alliance du PS et du MoDem qui étaient adversaires en 2008.

Le scrutin de 2008 a été invalidé en juin par le Conseil d'Etat qui a estimé que les résultats avaient pu être faussés par "des propos et des insinuations d'une gravité inadmissible" durant la campagne. C'est la quatrième annulation de scrutin en 40 ans à Aix.

Quelque 80.000 électeurs retournent donc aux urnes les 12 et 19 juillet, un second tour semblant acquis même si les urnes aixoises ménagent parfois des surprises.

En 2008, Mme Joissains avait été réélue d'une courte tête maire de la deuxième ville du département (140.000 habitants), avec 44,2% des voix au second tour, contre 42,9% à Alexandre Medvedowsky, candidat du Parti socialiste, et 12,7% à François-Xavier de Peretti, tête de liste pour le MoDem.

Les deux hommes font désormais la course ensemble dans le cadre d'une alliance qui représente "la seule alternative possible dans cette ville", assure M. Medvedowsky, tête de liste, pariant sur un duel au second tour. "On a les mains ouvertes et tendues pour rassembler tous ceux qui veulent mettre fin au système Joissains", anticipe-t-il.

Mais ce mariage du PS et du MoDem, refusé par M. Medvedowsky en 2008 même au second tour, imposé cette fois par la puissante fédération du PS des Bouches-du-Rhône dans la droite ligne Royal, ne coule pas de source pour tout le monde, la presse locale ironisant sur "une ville où l'on cultive l'art de retourner sa veste".

"Cette alliance modérée correspond au profil politique d'Aix. Le problème, c'est que les Aixois commencent à comprendre que Medvedowsky change de stratégie selon les circonstances, il n'est plus crédible", juge Lucien-Alexandre Castronovo, conseiller municipal de 1983 à 2008 et candidat en 2008 sur une liste PS dissidente, celle de Michel Pezet, qui prônait justement l'alliance au centre. "Quand on regarde les listes, on voit d'ailleurs des ex-Joissains, des ex-Medvedowsky, des ex-de Peretti un peu partout. Ce n'est plus une recomposition, ce sont des arrangements de circonstance", poursuit ce membre du Parti radical de Gauche.

A l'origine du recours contre l'élection, l'ex-UMP Stéphane Salord qui avait rejoint la liste MoDem en 2008 entre les deux tours avec Bruno Genzana, fait cette fois cavalier seul, de même que le PCF (avec le NPA) et les Verts (avec le Parti occitan) alors qu'ils avaient suivi M. Medvedowsky il y a quinze mois.

Face à la valse des étiquettes, Maryse Joissains dont le mari Alain a été maire d'Aix de 1978 à 1983, condamné pour recel d'abus de biens sociaux puis directeur de cabinet de son épouse à la mairie de 2001 à 2008, et dont la fille Sophie est sénatrice des Bouches-du-Rhône, a fait le choix de reconduire sa liste, à une exception près.

"On a un bilan et un futur extraordinaire. Je reçois un très bon accueil partout, comme jamais lors des précédentes élections", affirme-t-elle en prédisant une triangulaire au second tour.

Qu'elle aborde avec sérénité, écartant un sondage défavorable réalisé sur 500 personnes dont 20% d'indécis: "Les gens n'aiment pas revoter et tout le monde pense qu'on a voulu éliminer une femme en politique. Quant au patchwork Medvedowsky-de Peretti, il ne va pas résister au temps", assure-t-elle.

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