La maison commune d'Aubry se construit sur du sable

Publié le par PRG

Marianne 2 le  13 Juillet

Avec son idée de «maison commune», la première secrétaire du PS essuie refus sur refus. Pas étonnant : cette initiative ressemblant trait pour trait à la «gauche plurielle» arrive à contretemps et crée de la division jusque dans ses propres rangs!

Verts, Parti radical de gauche, Parti de gauche,
la « maison commune » que Martine Aubry voudrait voir sortir de terre ne trouve pas preneurs. C’est que cette initiative est anachronique : « maison commune » et « gauche plurielle », deux noms différents pour une seule et même vision. Comme si, depuis les « années Jospin » dont elle fut un symbole fort, la maire de Lille avait été plongée dans un profond coma et venait tout juste de s’en extraire. Sans se rendre compte qu’à gauche, la donne avait profondément changé. Sans se rendre compte que le leadership du PS n’était plus aussi évident que dans la deuxième moitié des années 1990. Sans se rendre compte — et c’est peut-être là le plus désolant — que le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005 étaient passés par là.


Mais cette initiative n’est pas seulement anachronique. Elle arrive aussi à contretemps : après et non pas avant les élections européennes. Il suffit de faire le tour des états-majors des anciennes « formations satellites » du Parti socialiste pour se rendre compte que cette proposition de bâtir une maison commune arrive si tardivement qu’elle est presque vécue comme une insulte. La patronne des Verts, Cécile Duflot, aurait été contactée par Martine Aubry, pour la toute première fois depuis son arrivée à Solférino, au lendemain du scrutin européen ! Au PRG, même genre de délicatesse : on a vu se pointer comme une fleur Benoît Hamon après le 7 juin alors qu’avant l’élection européenne, les socialistes ne leur avaient pas vraiment laissé le choix : ce devait être avec ou sans eux ! Quant au programme, rien ne servait d’en discuter ensemble, il existait déjà et s’appelait Manifesto ! Et du côté du PCF, on assiste presque désolé à la désorganisation du PS en confiant ne plus savoir avec qui traiter : l’historique Claude Bartolone, chargé des relations extérieures, ou justement Benoît Hamon désigné comme chef de chantier de la maison commune ?


Cette initiative de « maison commune » ne fait d'ailleurs pas qu’endommager un peu plus les relations entre le PS et ses alliés traditionnels. Elle est aussi responsable de dommages collatéraux dans les rangs socialistes. Les barons locaux, que leur « patronne » n’a jamais su caresser dans le sens du poil, ont dû voir d’un très mauvais œil que leur Premier secrétaire, dixit la lettre qu’elle a adressée aux autres responsables politiques, « [abordait] cette démarche [de rassemblement] sans préalable » ! Ou quand Martine Aubry vise l’union et n’obtient qu’une chose : la division jusque dans son propre camp…

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