Du désert (à gauche) au trop-plein (à droite)

Publié le par PRG

L' Express le 15 Juillet

La guerre ouverte que mène le député UMP Jean-Pierre Giran à Jacques Politi est devenue un élément prépondérant de cette première année de mandat. La gauche, elle, continue à se chercher.

Il arrive souvent dans une ville abonnée à la droite -surtout depuis un quart de siècle- que l'opposition municipale penche à gauche. Pas à Hyères, où cette dernière est aux abonnés absents. Sur Internet, tapez Parti socialiste hyérois: un moteur de recherches -Google- vous dirige sur Toulon et un annuaire -les Pages jaunes- trouve la requête incongrue... La section PS existe pourtant, nous l'avons rencontrée (cours de Strasbourg). Son nouveau secrétaire, Jean-Pierre Morillon, explique: "Lors du scrutin de mars 2008, on n'était pas très organisés et Jacques Politi avait des gens de notre sensibilité sur sa liste." Résultat? Le premier parti de gauche de l'Hexagone n'a même pas présenté de candidat... "Devant tant de dissensions, c'est moi qui ai obtenu l'investiture", s'amuse le chevènementiste Alain Jaubert en caressant sa longue moustache. Avant de soupirer à l'évocation de son score (15,77%): "Avec la seule liste unie de gauche (PS-PC-MRC), on pouvait s'attendre à mieux... Mais Hyères est une cité ancrée à droite avec des dirigeants qui n'ont qu'une seule aspiration: en faire la plus grande maison de retraite à ciel ouvert d'Europe."

Avec la gauche, Politi peut dormir sur ses deux oreilles, son prédécesseur -à l'origine de l'élaboration de sa liste- ayant pratiqué l'"ouverture" bien avant Nicolas Sarkozy. Dans l'actuelle équipe municipale figurent en bonne place deux hommes de gauche -Elie Di Russo et Jacques de Lustrac (PRG)- comme le souhaitait Léopold Ritondale. C'est là, sans doute, le legs politique le plus marquant du vieux maire: avoir toujours joué la fibre locale contre les partis nationaux.

A Hyères, il faut savoir composer pour arriver aux affaires

La menace aurait pu alors venir d'un "régional de l'étape", le Dr Francis Roux (divers droite), qui fut l'un des concurrents directs du pharmacien lors de la dernière élection (20% des voix). Lui aurait pu revendiquer une partie de l'héritage ritondalien, mais il semble aujourd'hui hors jeu. Privé de relais populaire, isolé au sein du conseil municipal et manquant de clarté dans son positionnement. Notamment vis-à-vis de Jacques Politi, dont il a voté le budget 2009 et qu'il ménage: "On ne peut le juger sur une année, il lui faut du temps", dit-il aujourd'hui. Une magnanimité pas toujours bien perçue: "Entre les deux tours, il a voulu s'allier avec tout le monde. Maintenant, il cherche à se rapprocher du maire", estime Alain Jaubert.

C'est que, à Hyères plus qu'ailleurs, il faut savoir composer pour arriver aux affaires. En revanche, il n'est pas bon d'avoir des opinions trop tranchées. "La ville demeure apolitique et moi, j'ai une étiquette UMP qui m'a coûté la victoire", analyse rétrospectivement Jean-Pierre Giran. De fait, dans la cité aux sept mille palmiers, le premier opposant à la municipalité de droite est le représentant de la majorité présidentielle... Le député de la 3e circonscription du Var mène depuis un an un combat sans merci contre le maire. "Il n'a pas la carrure et il est entouré de branquignols", lance-t-il, sévère. Si Giran apparaît comme un "animal politique qui roule pour lui seul", selon Francis Roux, on peut lui reconnaître un côté félin: il ne lâche jamais sa proie tant qu'elle bouge. Nominations, emplois municipaux, budget, parc de Pors-Cros: Jean-Pierre Giran n'a pas manqué une occasion de critiquer le maire. Jusqu'au rejet de son recours formulé devant le Conseil d'Etat qui a définitivement validé les résultats du scrutin municipal. Aujourd'hui, Jacques Politi peut se voir, enfin, en premier édile incontestable, à défaut d'être incontesté.

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