Les primaires et les Verts, deux atouts maîtres pour Royal

Publié le par PRG

Marianne 2 le 16 Juillet


Martine Aubry ne tient plus le PS. Et tout semble concourir, à l’intérieur du parti mais aussi à l’extérieur, à un retour sur le devant de la scène de Ségolène Royal…


Martine n’y croit plus ». Difficile de douter de cette confidence d’une historique du PS.
Car plus les jours passent et plus cela devient une évidence : son parti lui échappe. La manière dont elle a géré
le « cas Valls » (qui, en dehors de son pouvoir de nuisance médiatique, ne pèse pourtant rien sur le ring solférinien) en est une preuve supplémentaire. Mais l’enfer qui se dessine pour Martine Aubry ne s’appelle pas Valls.

Non, l’enfer de la Première secrétaire a un tout autre visage. Un visage qu’elle connaît parfaitement pour l’avoir hanté jours et nuits, il n’y a encore pas si longtemps. C’est celui de Ségolène Royal. Jamais son ancienne adversaire de Reims ne s’est faite si discrète et, paradoxalement, jamais la conjoncture ne lui a été aussi favorable. À en croire, Jean-Pierre Mignard, le soutier de
Désir d’avenir, dans Le Point, si Ségolène a décidé de se mettre en retrait (jusqu’aux régionales) et de ne pas accabler la Première secrétaire, c’est qu’elle aurait finalement beaucoup de « sympathie pour cette pauvre Martine qui en prend plein la figure ». C’est surtout qu’elle n’a nul besoin d’être en première ligne : tout le monde, à l’extérieur comme à l’intérieur du parti, plus ou moins consciemment, travaille pour elle. Chassée par la porte, elle revient en somme par la fenêtre!

Le plus grand agent déstabilisateur de Martine Aubry à l’intérieur du PS n’est pas Manuel Valls mais celui-la même qu’elle a placé à la tête du secrétariat national à la Rénovation : Arnaud Montebourg. Craignant de voir enterrer son idée de
primaires, le député de Saône-et-Loire monte au front. Il propose désormais que ce soit les militants qui décident, par référendum, de la tenue ou non d’un tel rendez-vous pour désigner le candidat socialiste pour 2012. Primaires, consultations des militants : deux dispositifs qui ont réussi par le passé et réussiront sans doute à nouveau à Ségolène Royal. Martine Aubry le sait bien et freine des quatre fers. Mais elle ne pourra pas faire barrage très longtemps…

À l’extérieur du parti, c’est du côté des Verts qu’il faut chercher les meilleurs VRP de Ségolène Royal. Fourbes,
les écolos ont décidé de partir seuls aux régionales, mais auraient décidé d’épargner une région : le Poitou-Charentes. Là, ils pourraient s’allier à la présidente sortante dès le premier tour. L’objectif ? Lui offrir une victoire sans bavures (dans un scrutin qui s’annonce périlleux pour le PS) et, par la même occasion, un joli strapontin dans la course au leadership. De quoi déstabiliser un peu plus encore le Parti socialiste et cette «pauvre Martine».

En rejetant
son idée (pas vraiment novatrice) de « maison commune », les Verts mais également le PG et le PRG fragilisent aussi Martine Aubry. Reste le PCF : Marie-George Buffet vient d’annoncer qu’elle acceptait de rencontrer la direction du PS. Mais le Parti communiste pose d'ores et déjà ses conditions et ne livrera sa stratégie pour les régionales que fin octobre. C’est tard, très tard pour une Aubry en difficulté. Et si le PCF venait à refuser cette alliance, le PS offrirait alors l’image d’un parti sans solution si ce n’est celle de se tourner… vers le centre comme elle le fait à Aix-en-Provence. Un centre qui, fut un temps, avait su s’attirer les faveurs d’une certaine Ségolène Royal…

Publié dans article sur le PRG

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