Lettres

Publié le par PRG

L'Est Républicain
EDITO le 17 Juillet

MARTINE AUBRY écrit. Lasse de parler dans le vide, irritée par les attaques contre un PS inaudible, la première secrétaire écrit. Des lettres sucrées ou salées, selon les jours. Adressée à Manuel Valls, la dernière en date était du genre acide, rédigée avec une encre plus vitriolée que sympathique. Le député maire d'Évry y est prié de choisir : modérer ses critiques ou rendre sa carte. Comme le reste, la missive divise le parti. Benoît Hamon a goûté la plénitude du style : « C'est une lettre dans laquelle tout est dit ». A la tête de la fédération des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini a semblé plus hermétique à l'écriture aubrienne : « Je ne comprends pas cette lettre ».
Vendredi, Martine Aubry avait déjà dégainé sa plume, cette fois trempée dans le miel. Dans un message posté aux différents leaders des partis de gauche, NPA excepté, elle en appelait à une « nouvelle démarche de rassemblement ». Le mot doux fleurait bon la « gauche plurielle », façon Lionel Jospin en 1997. Les politologues lui ont trouvé un goût de ranci. Les stratèges ont décelé entre les lignes une sorte de désespoir : cette stratégie d'alliances n'a-t-elle pas débouché sur le chaos du 21 avril 2002 ? Quant aux destinataires, leur retour de courrier a été plutôt violent : fins de non-recevoir du PG de Jean-Luc Mélenchon et du PRG de Jean-Michel Baylet. Mort vivant, le PC s'est dit « évidemment » ouvert sans pour autant croire aux « appels miracles ». En matière de correspondance galante, on trouve mieux.
Avant même d'exploiter la veine épistolaire, Martine Aubry s'était engagée contre un rapprochement avec le centre. Sauf qu'à Aix-en-Provence, le PS s'est allié au MoDem. Sauf qu'aux européennes, les nouvelles classes moyennes ont choisi Europe Ecologie. Alors pourquoi aujourd'hui courir derrière une gauche radicale peu crédible ? « Conception datée », répond l'impertinent Manuel Valls. Parti de notables et de fonctionnaires, le PS ne parvient pas à inventer une synthèse à même de réunir les couches les plus populaires et les individualistes épris d'environnement. Il ne convainc plus, faute d'apporter des réponses claires sur l'écologie, la retraite, la sécurité, l'Europe, l'identité nationale...
Tout le reste n'est que littérature.

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