Été chaud à Solférino

Publié le par PRG

La voix légitimité... La dernière crise d'autorité de Martine Aubry, diversement appréciée dans le parti, rappelle que le PS n'est pas au bout de ses peines. Un seul espoir fait l'unanimité  : vivement les vacances !

 

S'ils avaient le coeur à chanter, les éléphants pourraient parodier Charden. «  L'été s'ra chaud, de La Rochelle à Solférino.  » Mais les socialistes n'ont pas la même partition et du choeur s'élèverait vite la cacophonie. La mission incombant à Martine Aubry semble presque impossible. Comment unir autant de courants, d'ego et d'ambitions personnelles ?

Tous font le même diagnostic : il manque un leadership au parti. Les quadragénaires, Arnaud Montebourg en tête, réclament une primaire ouverte pour y remédier. La maire de Lille a choisi la solution légitimiste. Elle, première secrétaire du PS, pensait pouvoir réclamer le silence et l'obéissance.

Ses remontrances, assorties d'un avertissement, ont visé Manuel Valls. Le député, très en verve lorsqu'il s'agit de critiquer sa famille politique, mais aussi très isolé, a été prié mardi dernier de se taire ou de quitter le PS. Il a répondu qu'il conservait et sa carte de parti et sa liberté de parole. Martine Aubry voulait en finir avec les dissensions, elle a jeté de l'huile sur le feu.

Même Julien Dray est sorti de sa réserve pour fustiger «  l'impuissance et l'amateurisme » de la première secrétaire.

Bernard-Henri Lévy a quant à lui estimé hier que «  le PS doit disparaître ». Huit mois après le Congrès de Reims, la plaie est encore béante.

Le PS qui n'a cessé de clamer son retour auprès des Français dans les manifestations et sa remise au travail aurait dû consacrer son énergie à la session extraordinaire du Parlement. Pendant que les guerres picrocholines de Solférino se poursuivent, les textes sur le travail dominical, la formation professionnelle et Hadopi sont examinés jusqu'à vendredi à l'Assemblée nationale et au Sénat. Mais le naturel sans cesse revient au galop... La trêve d'un mois est bienvenue pour Martine Aubry qui a rencontré un autre flop avec son appel à une « maison commune » de la gauche. Elle ne doit cependant pas s'attendre à une dilution de ses soucis dans la moiteur estivale. L'université d'été, fin août, est généralement l'occasion pour les socialistes de réunir la famille ou, selon les années, de nouer les alliances et de s'affronter, tous cols de chemises ouverts.

Cette année, ce grand raout subira la concurrence. Vincent Peillon rassemblera son courant, les 21 et 22 août, sur sa nouvelle terre d'adoption, à Marseille. Il y plantera sa petite « tente commune » de la gauche avec Daniel Cohn-Bendit, Robert Hue, le radical Jean-Michel Baylet et Marielle de Sarnez (MoDem). Puis Arnaud Montebourg organisera le lendemain, une semaine avant l'université d'été de La Rochelle, sa Fête de la rose à Frangy-en-Bresse, avec Benoît Hamon comme invité d'honneur. De nombreuses voix sont bien décidées à s'exprimer en marge du canal officiel du Parti socialiste. Pour la première secrétaire, la rentrée promet d'être aussi éprouvante que l'année écoulée. •

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