Yve Jégo l'ancien secrétaire d'état à l'Outre-Mer, prochain porte parole du Parti Radical

Publié le par PRG

INTERVIEW - Redevenu député, l'ex-secrétaire d'État à l'Outre-Mer veut jouer un «rôle pacificateur» à l'Assemblée.

LE FIGARO. Un mois après votre renvoi du gouvernement, quel est votre état d'esprit ?

Yves JÉGO. Serein et très déterminé. J'ai eu un moment de surprise pas très agréable quand Claude Guéant m'a annoncé la nouvelle, dix minutes avant 20 heures, le jour du remaniement, mais il paraît que c'est ça la vie politique ! La rancœur et l'amertume ne font pas partie de mon univers. J'ai vu Nicolas Sarkozy, à sa demande, une semaine après. Avec François Fillon, en revanche, je n'ai eu aucun contact ni lors du remaniement, ni depuis, ce qui confirme sans doute que c'est lui qui ne voulait plus de moi dans son équipe.

Quel rôle comptez-vous jouer à l'Assemblée ?

Depuis 2002, je suis considéré comme l'un des sarkozystes historiques, fidèles d'entre les fidèles. Ma loyauté n'est en rien entamée. Ce lien avec Nicolas Sarkozy, mon expérience ministérielle et mes ­bonnes relations avec Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée, font de moi un homme d'équilibre. J'espère pouvoir jouer, si cela est nécessaire, le rôle d'agent pacificateur.

Que pensez-vous de la «coproduction législative» chère à Jean-François Copé, mais qui ne plaît guère à l'Élysée ?

Je peux dire que ça marche, pour l'avoir pratiquée comme ministre, notamment avec la loi pour le développement économique des Outre-mer. Le texte a été adopté à l'unanimité moins une voix, au moment où le projet Hadopi connaissait ses premières mésaventures. La coproduction, ce n'est pas la guerre. D'ailleurs, je ne vois pas pourquoi Nicolas Sarkozy chercherait à rogner les nouveaux pouvoirs qu'il a donnés au Parlement lors de la révision constitutionnelle.

Comment envisagez-vous votre avenir ?

En me rasant le matin, je n'exclus rien. Être viré d'un gouvernement, ça peut mener loin : regardez François Fillon ! Je n'ai pas vocation à être ancien ministre toute ma vie et je vais me préparer à de nouvelles fonctions, tout en faisant mon travail parlementaire. J'ai l'intention de me consacrer au projet de loi sur le Grand Paris, examiné à l'automne. Je serai aussi très présent dans la campagne des régionales en Ile-de-France avec Valérie Pécresse.

Vous avez rejoint récemment le Parti radical. Dans quel but ?

J'ai effectivement rejoint le parti de Jean-Louis Borloo, tout en restant pleinement à l'UMP, parce que je suis convaincu qu'en 2012, l'enjeu central sera la capacité de notre candidat à défendre la social-démocratie face à un socialisme moribond. Et dans ce combat-là, il aura tout intérêt à s'appuyer sur l'humanisme radical, que je veux contribuer à moderniser.

De quelle manière ?

J'ai été porte-parole de l'UMP. Je peux porter le message des radicaux. Pour ne prendre qu'un exemple, je vais proposer que le futur grand emprunt soit essentiellement consacré au financement des actions favorisant l'insertion professionnelle des jeunes, qui est un problème majeur. Notre sensibilité existera à travers ses idées, et à condition qu'elle soit reconnue au sein de la majorité. À cet égard, les européennes ont été une expérience traumatisante pour le Parti ­radical, qui a été beaucoup moins bien traité sur le plan médiatique que les Progressistes et la Gauche moderne, alors qu'il pèse davantage électoralement. C'est contraire à l'intérêt de la majorité.

Publié dans article sur le PRG

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