Le PRG, maillon faible du rassemblement à gauche?

Publié le par PARTI RADICAL DE GAUCHE

Marianne le 1 er novembre 2007

Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, semble tenté par l'ouverture. A l'approche des municipales : le PRG s'apprête-t-il à basculer ou veut-il faire pression sur le PS ?

 

L'union de la gauche prendrait-elle l'eau de tous côtés ? Tandis qu'à la gauche du PS, le PCF peine à conclure un accord avec les socialistes sur les municipales, à l'autre bout du prisme, le Parti radical de gauche (PRG) semble plus que jamais tenté par l'ouverture. Déjà, au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Baylet, président du PRG, avait pris langue avec le nouveau Président..

Depuis, les échanges ne cessent de se multiplier entre le PRG et son alter ego de droite, le Parti radical valoisien, rallié à l'UMP et co-présidé par Jean-Louis Borloo et André Rossinot. Après des échanges courtois de délégations aux universités d'été de chaque parti, trois groupes de travail communs ont été mis en place sur des thèmes peu sujets à dissensions : Europe, laïcité et développement durable. La semaine dernière encore, Jean-Michel Baylet déjeunait en toute amitié avec Jean-Louis Borloo… tandis que le bruit commençait à courir qu'il pourrait écoper d'un maroquin dans l'hypothèse d'un prochain remaniement ministériel.

« Je ne suis pas contre l'ouverture »
« On n'en est pas là : il n'y a pas de remaniement prévu, que je sache », explique, prudent, le président du PRG. Mais le sénateur du Tarn-et-Garonne, également directeur de La Dépêche du Midi, détaille sa position : « Je ne suis pas contre l'ouverture, au contraire, je suis pour ouvrir le dialogue au-delà des frontières partisanes. Mais l'ouverture n'est pas une affaire de débauchages individuels. C'est un processus qui rapproche, après un débat de fond, des formations politiques. » Comprendre : si Jean-Michel Baylet acceptait une proposition, il devrait en rendre compte aux adhérents de son Parti. Et « la base » commence déjà à gronder, notamment dans les Fédérations au nord de la Loire, où ne s'étend pas l'aura du directeur de La Dépêche du Midi. Même dans son fief du Sud-Ouest, certains élus s'inquiètent de cette stratégie à l'approche des municipales.

« Le PRG est dans une logique d'alliance avec le PS, alors que le Parti radical valoisien est rallié à l'UMP. A l'approche des élections, une réunion des deux partis est compliquée pour ces raisons-là. », décrypte Dominique Paillé, vice-président des radicaux valoisiens. Mais il reconnaît que les deux partis n'ont jamais été aussi proches depuis leur scission et s'en réjouit. A l'inverse, Daniel Vaillant, responsable du comité de liaison au PS, refuse de prendre au sérieux les ambitions, réelles ou supposées, de Jean-Michel Baylet : « C'est classique : on est en pleines négociations sur la répartition des listes aux municipales, chaque Parti montre les dents pour faire monter les enchères. Le Parti socialiste est en position de force, cela pose problème à certains de nos alliés. Le PCF râle en Seine-Saint-Denis et le PRG dans le Sud-Ouest. Mais, à mon avis, ces rumeurs sur l'ouverture, c'est un peu comme quelqu'un qui crierait : « retenez-moi ou je fais un malheur ! ». » Et si on ne le retient pas… ?

 

Publié dans article sur le PRG

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