Les sénatoriales un enjeu de taille

Publié le par PRG

PARIS, 1 août 2008 (AFP) - Dans le sillage des vagues roses des élections locales de 2004 et 2008, les sénatoriales de l'automne s'annoncent sous de bons auspices pour le PS qui devrait grappiller quelques sièges, sans bouleverser l'équilibre politique de la Haute Assemblée.

Bruno Le Roux, secrétaire national du PS chargé des élections, table sur un gain d'une "dizaine de sièges" et espère que le PS aura "progressé partout", après le renouvellement, le 21 septembre, d'un tiers des sénateurs (114 sièges), tous élus pour six ans, au lieu de neuf jusqu'à présent.

La logique voudrait "qu'on gagne assez de sièges pour être majoritaires", dans la Haute Assemblée qui passe cette année de 331 à 343 membres, explique-t-il.

Toutefois, le mode de scrutin, indirect, ne permet pas d'envisager un basculement de la majorité sénatoriale même si les collectivités territoriales sont majoritairement à gauche (20 régions sur 22 et 58 départements sur 100) depuis les régionales de 2004 puis puis les municipales et cantonales de 2008.

Car au sein du corps des 150.000 grands électeurs, dont un tiers est appelé aux urnes, la surreprésentation des petites communes rurales pénalise la gauche, majoritaire dans les villes moyennes ou grandes (au-delà du seuil de 15.000 habitants).

Ainsi la part des grands électeurs dans les communes de moins de 3.500 habitants est de 49,48%, mais chute à 4,28% au delà du seuil des 20.000, fait valoir le PS.

La gauche, selon ses projections, ne peut donc gagner que 10 à 15 sièges, puis à nouveau 15 à 20 lors du prochain renouvellement par tiers en 2011.

Le PS n'a pas manqué de relever ce décalage entre le mode de scrutin sénatorial et la réalité politique de la France de 2008, lors de l'examen de la révision institutionnelle. Il réclamait, en échange d'une attitude positive, un changement de scrutin ou, à défaut, du collège électoral.

Depuis 2004, où la gauche avait enregistré une jolie percée (une quinzaine de gains), l'UMP ne détient plus la majorité absolue au Sénat (159 sièges sur 331) et doit composer avec ses alliés centristes et certains radicaux.

En 2008, "on attend plus de pertes que de gains", notamment dans des départements "à risques" comme Aveyron, Allier, Côte-d'Or et Ille-et-Vilaine, selon une source parlementaire qui évalue de six à dix le nombre de sièges qui pourraient être perdus.

Outre-mer, les deux sièges de Saint-Martin et Saint-Barthélémy, deux collectivités nouvellement créées, sont d'ores et déjà acquis à l'UMP.

Pour les quatre sièges de sénateurs représentant les Français de l'étranger, le rapport, sur le papier favorable au parti majoritaire, à 3 contre 1, pourrait s'équilibrer à 2 contre 2.

Monaco est en effet devenu "un point chaud" pour l'UMP avec la dissidence de Christophe Frassa, soutenu par le collège électoral et les sénateurs UMP qui contestent l'investiture du porte-parole du parti présidentiel, Dominique Paillé, imposée par l'Elysée.

Côté PS, des gains sont attendus ou possibles dans l'Aveyron, le Gers, la Corrèze, la Dordogne, la Haute-Garonne, voire la Charente et l'Eure.

En Côte-d'Or, qui ne compte aucun sénateur PS, le numéro deux socialiste et maire de Dijon François Rebsamen pourrait rejoindre la Haute Assemblée.

Dans les Bouches-du-Rhône, si Jean-Claude Gaudin est réélu, il ne devrait pas briguer la présidence, que se disputeront vraisemblablement Gérard Larcher, candidat déclaré et son challenger attendu Jean-Pierre Raffarin.

Publicité

Publié dans article sur le PRG

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article