Le Parti Radical de Gauche
Parti radical de gauche
Le Parti radical de gauche est héritier d’une longue tradition née à la fin du siècle dernier avec le Parti radical alors très à gauche puis progressivement recentré , puis le Mouvement des radicaux de gauche, miroir a sinister du Parti radical « valoisien » aujourd’hui situé juridiquement dans la galaxie UMP. le PRG, sous son ancienne appellation, ne se sera, ces dernières années : sous la discrète influence d’un François Mitterrand désireux de ruiner la liste Rocard aux élections européennes de 1994, le PRG proposa une liste conduite par Bernard Tapie, dont le populisme assura un franc succès à l’initiative. À partir de 1997, la présence d’Émile Zuccarelli, ancien président du mouvement, au gouvernement comme ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l’État et de la Décentralisation lie le sort du PRG à celui de Lionel Jospin, jusqu’à l’affaire corse : la politique menée par le cabinet du Premier ministre dans cette affaire ne pouvait être du goût de ce farouche républicain, corse de surcroît et maire de Bastia. Émile Zuccarelli démissionne donc du gouvernement en 2001. Ses convictions jacobines, partagées par un certain nombre de membres du parti, eurent raison de l’unité du mouvement lors de l’élection présidentielle : la décision de présenter Christiane Taubira, Guyanaise au parcours sinueux et aux convictions indépendantistes affirmées ne pouvait passer tandis que la démarche de Jean-Pierre Chevènement (républicaine avant tout) se montrait bien plus séduisante. Une partie du PRG décida donc de créer une « Antenne radicale » au sein du Pôle républicain. Pour certains, les rangs du PRG furent réintégrés pour les élections législatives. Toutefois, la cohérence et, donc, la pérennité de ce mouvement posent question. Le PRG revendique quelques hauts faits : avoir participé au la fondation de la République moderne avec, en particulier, Ledru Rollin et Gambetta, invention du solidarisme avec Léon Bourgeois, grands promoteurs de la laïcité et contributeurs à la construction européenne avec Maurice Faure. Mais les radicaux de gauche se trouvent aujourd’hui dans une forme d’écartèlement idéologique : jacobins de tradition, ils se prononcent « pour une VIe République qui devra rééquilibrer les pouvoirs entre exécutif et législatif, renforcer la décentralisation et reconnaître l’identité culturelle et historique des grandes régions ». Défenseurs de la laïcité, des services publics, de l’étatisme, ils s’engagent dans un projet d’États-Unis d’Europe dont les seules traductions concrètes sont la défense des particularismes, la privatisation des services publics et le recul de l’État au profit des juges.