Hérault: le plein des listes à gauche face à une droite unie
MONTPELLIER, 15 septembre 2008 (AFP) - Avec une liste PS officielle, proche de Georges Frêche, et une dissidente, symbole de divisions et de rivalités locales chez les socialistes, plus des listes communiste, PRG et Verts, la gauche se présente dispersée dans l'Hérault aux sénatoriales, face à une droite unie.
A toutes ces listes, deux autres se sont rajoutées: celle du Front national et celle de Chasse, Pêche, Nature et Traditions (CPNT) qui, pour la première fois depuis sa création, s'est lancé dans ce scrutin.
Ce sont donc huit listes qui se présentent le 21 septembre face aux 2.093 grands électeurs de l'Hérault appelés à désigner quatre sénateurs, au lieu de trois précédemment: le socialiste Robert Tropéano, le radical de gauche Gérard Delfau, et l'UMP Raymond Couderc, maire de Béziers.
Raymond Couderc a pris sur sa liste deux candidats non encartés à l'UMP et un du Nouveau Centre. En raison de cette unité mais aussi de la multiplication des listes à gauche, M. Couderc estime avoir "de bonnes chances de décrocher deux postes de sénateur".
"Les conditions sont favorables", dit-il à l'AFP. "D'autant que cela fait trente ans qu'on travaille le terrain", ajoute le maire de Béziers, réélu dès le premier tour aux municipales de mars.
M. Couderc garde toutefois la tête sur les épaules: espérer remporter un troisième siège à la chambre haute ne lui semble "pas raisonnable", dans la mesure où "60% des grands électeurs ont la fibre à gauche", dit-il.
Des grands électeurs qui ne vont avoir que l'embarras du choix: 5 listes à gauche, dont deux socialistes représentant les deux courants qui s'affrontent dans le département: celui de la fédération, proche du président du Conseil régional Georges Frêche (DVG), et celui du président du Conseil général André Vezinhet.
La pré-campagne a été animée par leurs querelles, avec, dès janvier, la présentation de la liste estampillée PS et conduite par Georges Frêche. Un comble pour le sénateur sortant Robert Tropéano, indigné que la fédération confie la tête de liste à Georges Frêche, exclu du parti en janvier 2007, et qu'elle ne se préoccupe même pas de sa propre candidature.
Trois mois plus tard, Georges Frêche, tout juste réélu président de l'agglomération de Montpellier, dénonçait "des conciliabules" visant à le "faire battre". Et prévenait que si les pointages lui étaient défavorables, il renoncerait au Sénat. Ce qu'il a fini par faire, laissant le premier secrétaire de la fédération socialiste Robert Navarro conduire la liste, quelques jours après que Robert Tropéano eut annoncé, avec le soutien d'André Vezinhet, la constitution de sa propre liste.
Pour sa campagne, Robert Tropéano s'est mis en congé du PS et fait preuve d'optimisme. Objectif: "trois élus", annonce-t-il sans hésiter, le quatrième siège revenant selon lui à l'UMP Raymond Couderc. Et "aucun", espère-t-il, pour la liste de Robert Navarro, qui n'a pas répondu aux sollicitations téléphoniques de l'AFP.
Les sénatoriales dans l'Hérault laissent présager de nouvelles joutes fratricides au sein du PS dans le cadre du congrès fédéral qui doit précéder le congrès national de Reims. Le courant Vezinhet n'a jamais caché qu'il soutenait Bertrand Delanoë. La fédération, si elle suit Georges Frêche, devrait pencher pour Ségolène Royal.