Le PS devrait progresser au Sénat, forteresse de droite
L'Express, mercredi 17 septembre 2008
Au total, 114 sièges sont en jeu dans 38 départements, cinq collectivités d'outre-mer et parmi les représentants des Français de l'étranger, soit un tiers du Sénat.
Fort de larges victoires aux élections régionales de 2004 et aux municipales et cantonales de mars 2008, le Parti socialiste espère grappiller une douzaine de sièges à la droite.
Les sénateurs sont élus par un collège électoral composé des délégués de conseils municipaux - 95% du collège -, des députés, des conseillers régionaux et généraux des départements concernés.
Mais le mode de scrutin sénatorial, qui 'surreprésente' les petites communes rurales traditionnellement conservatrices, pénalise la gauche, qui détient au total 135 sièges à la Haute assemblée. Lors du vote de la réforme des institutions, en juillet dernier, la gauche avait fait de la révision des règles des élections sénatoriales une condition de son ralliement.
Le Sénat compte 330 membres, dont 159 UMP. Y siègent en outre 23 communistes et apparentés, 95 socialistes et apparentés, 17 radicaux de gauche et divers gauche, 30 centristes et six non inscrits.
RETOUR DE MILLON, DÉPART DE PEYRATPour le scrutin de dimanche, dont les Français se désintéressent à 74% selon un sondage Ifop des 4 et 5 septembre, 50.720 élus sont convoqués aux urnes.
Il s'agira du dernier renouvellement par tiers du Sénat, la loi organique du 30 juillet 2003 ayant instauré le principe d'un renouvellement par moitié tous les trois ans.
Cette même loi a augmenté le nombre de sénateurs, qui seront 343 à l'issue de ce scrutin, soit 12 de plus que lors des dernières élections en 2004. Le nombre définitif de sénateurs - 348 - sera atteint après le renouvellement de 2011.
Deux figures de la politique, les anciens ministres Jean-Pierre Chevènement et Charles Millon, reviennent en lice à la faveur du scrutin.
A 69 ans, l'ancien député-maire de Belfort, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a des chances de l'emporter contre le candidat socialiste Yves Ackerman.
Charles Millon, 62 ans, compte quant à lui mettre fin à dix années de traversée du désert en signant son retour en grâce au sein de la droite. L'ancien président de la région Rhône-Alpes, contraint à la démission après avoir fait alliance avec le Front national en 1998, se présente dans l'Ain avec l'investiture UMP locale - pas nationale.
Ex-membre du FN, Jacques Peyrat, sénateur des Alpes-Maritimes depuis 1998 et qui a perdu sa mairie de Nice en mars dernier, a décidé quant à lui de raccrocher.
Edité par Gilles Trequesser