La Poste - Le choix du Président
France soir le 20 septembre 2008
Le PDG de La Poste préfère un « débat au sein d’une commission » plutôt qu’un référendum
La Poste, première entreprise du pays avec 300.000 salariés, dont la moitié sont fonctionnaires, risque de connaître bientôt un changement aussi radical qu’historique. Alors que toute les autres postes européennes sont des sociétés anonymes, la question de la libéralisation du service public postal fait des émules dans l’Hexagone. Du côté des partis de gauche, des syndicats de postiers et des associations, le référendum apparaît être la solution de prédilection.
Pourtant, confier une réflexion sur l’avenir de la vielle institution à une commission composée de parlementaires, d’élus locaux, de personnalités qualifiées, ainsi que de représentants des syndicats et de l’Etat semble la perspective la plus probable à l’heure actuelle. Et pour cause, le gouvernement pèse dans la balance en faveur du choix d’« un débat public sur ce projet » prôné par le président de la République Nicolas Sarkozy mercredi dernier. Le PDG de La Poste, Jean-Paul Bailly, annonçait hier son alignement sur la ligne définie par le chef de l’état. S’exprimant sur RTL, Il a justifié le changement de statut de La Poste en soulignant que cette modification correspond à un projet de développement et non à une privatisation. L’objectif étant de s’ouvrir vers l’Europe, un « recroquevillement » sur le pays n’ayant « absolument aucun avenir ».
Le référendum ne semble plaire qu’aux partisans d’une poste publique. Principal risque pour le gouvernement : la transformation de l’outil démocratique en vote sanction.
Pour le secrétaire national du Parti Socialiste en charge des services publics, La Poste réalise des bénéfices de l’ordre d’un milliard d’euros, tout en se modernisant. La crainte est, selon lui, que la privatisation entraîne un « service public qui se dégrade et devienne plus inégalitaire ». Craintes auxquelles répond le PDG de La Poste par la promesse d’améliorer « la présence territoriale ».
Une journée nationale d’action est organisée le 23 septembre, par plusieurs syndicats postiers contre l’ouverture du capital et le changement de statut du service de poste national. La commission qui prendra ses éléments en compte lors de la remise du rapport, attendu pour le 30 novembre, sera également chargée « d’évaluer l’impact sur La Poste du contexte concurrentiel propre à chacun de ses métiers en France et en Europe ».