Gérard Larcher(UMP) promet un renouveau du Sénat et la transparence financière

Publié le par PRG

PARIS, 14 octobre 2008 (AFP) - Le nouveau président du Sénat, Gérard Larcher (UMP), a promis mardi renouveau et transparence pour permettre à la Haute assemblée, dont le train de vie a suscité une vive polémique, d'être "plus justement perçue" par les Français

"Je ne veux plus que, dans trois ans, il soit possible de se poser la question +à quoi sert le Sénat?" a lancé M. Larcher dans son premier discours de fond, à l'ouverture des travaux législatifs de la Haute Assemblée.

Réaffirmant sa volonté de "transparence", il a annoncé que les comptes du Sénat feront en 2009 "l'objet d'un audit extérieur" et que son budget serait au même niveau qu'en 2008, "dans ces temps qui exigent des efforts de nos compatriotes et de l'Etat".

"Il faudra optimiser nos dépenses", a-t-il averti, "je demande un examen de l'adéquation de nos moyens à nos missions".

Une polémique grandissante sur le train de vie du Sénat a conduit le prédécesseur de M. Larcher, Christian Poncelet, à annoncer juste avant de quitter son poste, qu'il renonçait à occuper un appartement de 200 m2 mis à sa disposition par le Sénat dans le très chic VIe arrondissement de Paris.

M. Larcher a voulu manifester son intention de compter sur l'échiquier politique en "orientant" le Sénat "vers un nouveau cap: celui de la primauté du politique et du renouveau de son image".

Il a ainsi rappelé sa proposition de création d'une commission mixte Assemblée/Sénat sur l'avenir du système financier, avancée dès le lendemain de son élection début octobre. Le président de l'Assemblée nationale (UMP), Bernard Accoyer, a confirmé mardi la création de cette commission.

M. Larcher a également proposé la constitution d'une mission sur l'organisation des collectivités territoriales, jugeant que "s'il est une institution qui, dans la République, possède la légitimité constitutionnelle et l'expérience de la gestion des territoires, c'est bien le Sénat".

Il a enfin annoncé qu'il présiderait lui-même un groupe de travail sur la mise en oeuvre de la réforme constitutionnelle, assisté de deux rapporteurs, l'un de l'opposition, l'autre de la majorité.

Avec une majorité UMP très étroite après la poussée de la gauche aux sénatoriales, il s'est voulu ainsi consensuel, s'engageant à "respecter l'opposition".

"Notre position est simple, nous voulons être traités à notre juste place, le groupe représente un tiers du Sénat, que cette proportion soit respectée", a réagi auprès de l'AFP, Bernard Frimat (PS), vice-président du Sénat.

La présidente du groupe communiste, Nicole Borvo Cohen-Seat, a observé qu'alors que "l'opposition représente désormais à peu près 45 % de l'Assemblée, on est plutôt dans un rapport de 80 à 20 dans les instances".

Pour les Verts Marie-Christine Blandin et Jacques Muller, "l'innovation aurait été de donner une présidence de commission à la gauche" et de constituer "un comité de pilotage pluraliste pour l'audit des comptes du Sénat".

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