La droite parisienne remontée face à Delanoë avant le congrès de Reims

Publié le par PRG

PARIS, 20 octobre 2008 (AFP) - Hausse des impôts locaux, accueil des élèves en cas de grève: la droite est montée au créneau lundi au Conseil de Paris contre le maire Bertrand Delanoë, lancé à la conquête du PS au congrès de Reims.

Le président du groupe UMP, Jean-François Lamour, a qualifié de "coup de massue" sur les Parisiens la décision de M. Delanoë d'augmenter les taux des impôts locaux de 9% en 2009 et de créer une taxe foncière départementale de 3%.

Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement et président de la commission des finances à l'Hôtel de ville, a parlé de "matraquage fiscal".

La ministre de l'économie, Christine Lagarde, élue du 12e arrondissement, a affirmé que le budget de Paris et celui de l'Etat avaient en commun d'être "des budgets de crise". La différence, "c'est que le vôtre augmente les impôts, le nôtre tient la dépense", a-t-elle lancé.

Pour le président du groupe socialiste, Jean-Pierre Caffet, les 320 millions de rendement attendus permettront de mener une politique "contracyclique" d'investissements alors que la France est touchée par la récession et la crise financière.

La mairie compte ainsi investir 8,3 milliards d'euros d'ici à 2014, soit 18% de plus en moyenne annuelle que pendant la première mandature Delanoë.

La polémique s'est étendue à la décision de l'équipe municipale de ne plus appliquer la loi sur le service minimal d'accueil (SMA) lors de la prochaine grève dans l'éducation nationale, pour des "raisons de sécurité", et en raison du manque de personnel qualifié.

"Quelles que soient les rodomontades du ministre de l'éducation, Xavier Darcos, qui fait de la politique politicienne, j'essaie d'être un élu local sérieux et donc je ne mets pas en cause la sécurité des gamins", a déclaré à la presse M. Delanoë.

Le ton est monté à la reprise des débats, M. Lamour l'accusant d'être "mal à l'aise sur ce dossier" et lui demandant d'appliquer le dispositif qui peut donner aux maires d'arrondissements la possibilité de traiter le dossier.

Le maire du 16e arrondissement, Claude Goasguen, a accusé à M. Delanoë de ne pas connaître la loi, qui ne lui reconnaît "aucune responsabilité dans le domaine de la sécurité". "Comment un maire républicain, attaché à la laïcité, peut-il demander un seul instant la fermeture des écoles?".

Selon les maires d'arrondissement de droite, il est possible de faire appel aux éducateurs, et même aux parents d'élèves pour assurer l'accueil des enfants.

Pour le maire au contraire, il faut du personnel qualifié et en assez grand nombre. La dernière grève, le 16 octobre, a prouvé, selon lui, que ce n'était pas possible.

"Nous aurions eu des drames" ce jour-là, a renchéri l'adjoint à l'éducation, Pascal Cherki, "si nous n'avions pas demandé aux parents qui le pouvaient de garder leurs enfants".

"M. Delanoë sera obligé d'appliquer le SMA parce que les parents n'accepteront pas, en cas de multiplication des grèves, d'avoir leurs enfants à l'extérieur des écoles", a dit M. Goasguen aux journalistes. "Vous verrez qu'il le fera après le congrès de Reims", a-t-il poursuivi.

M. Delanoë est l'un des candidats au poste de Premier secrétaire du PS. M. Cherki défend la motion du candidat le plus à gauche, Benoît Hamon.

M. Delanoë a balayé les sous-entendus de ses adversaires. "Vous essayez d'évoquer d'autres considérations que la politique municipale. C'est votre problème", a-t-il lancé.

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