La France veut attirer les investisseurs des riches monarchies du Golfe

Publié le par PRG

ABOU DHABI, 21 octobre 2008 (AFP) - La France a ouvert cette semaine à Abou Dhabi un bureau régional de son agence de promotion des investissements étrangers, chargé d'attirer les investisseurs des monarchies pétrolières du Golfe dont les placements en France sont estimés à quelque 2 milliards d'euros.

"C'est le bon moment pour investir en France grâce à toutes les réformes entreprises" par le gouvernement du président Nicolas Sarkozy, a déclaré la secrétaire d'Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, qui a inauguré lundi soir à Abou Dhabi l'"Invest in France Agency for the Middle East".

Ce bureau de l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII), qui compte déjà des représentations dans 16 pays dans le monde, va promouvoir l'attractivité de la France comme terre d'accueil de l'investissement des six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Soulignant les relations "très profondes" entre la France et les six pays du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Emirats arabes unis, Qatar, Oman), la secrétaire d'Etat, en tournée régionale, a plaidé pour "un partenariat stratégique que nous voulons développer dans plusieurs secteurs liés à l'énergie, aux transports et aux services".

Tout en admettant qu'"il y a un risque que le flux des investissements étrangers se ralentisse un peu" en raison de la crise financière mondiale, Mme Idrac y a vu une "raison de plus pour être plus compétitifs (...) et pour assurer notre juste part des investissements internationaux".

A cette fin, la France "diversifie" les secteurs où les investisseurs étrangers pourraient s'implanter, a-t-elle ajouté, citant notamment les secteurs de "l'immobilier, de la finance et des nouvelles technologies".

L'hôtellerie ouvre aussi des perspectives pour "des investissements à très long terme" en France, a indiqué le président de l'AFII, Philippe Favre, ajoutant que le bureau d'Abou Dhabi serait chargé d'"aller voir les investisseurs potentiels un à un" dans les six monarchies du Golfe, dont les investissements en France restent modestes à "au moins 2 milliards de dollars".

Or les avoirs, publics et privés, de ces pays à l'étranger atteignent plus de 2.500 milliards de dollars, y compris leurs fonds souverains, au premier rang desquels figure l'Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) qui détiendrait quelque 875 milliards de dollars.

La France, classée au 3e rang mondial, après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, en matière d'investissements étrangers directs avec un total de 158 milliards USD en 2007, entend défendre sa part du marché mondial, actuellement de 14%, selon Mme Idrac.

"Nous voulons au minimum maintenir cette part et, si possible, l'accroître", a-t-elle dit, ajoutant que la crise financière mondiale et les risques de récession économique ne constituaient pas une entrave à la conclusion d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne (UE) et le CCG.

"Je pense que la crise financière mondiale offre une bonne opportunité pour développer ce genre d'accord", a-t-elle dit, ajoutant qu'"il est important de favoriser la stabilité, la visibilité et la confiance".

"Or, ce type d'accord est destiné à créer la confiance" entre les opérateurs économiques en Europe et dans le Golfe, a-t-elle encore dit, indiquant que l'accord de libre-échange, en discussion depuis près de 20 ans entre l'UE et le CCG, butait sur "des questions techniques" dont elle a souhaité le règlement avant la fin de l'année.

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