Discours de N Sarkozy à Strasbourg

Publié le par PRG

STRASBOURG, 21 octobre 2008 (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré mardi qu'il proposera une réunion extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pour préparer les sommets mondiaux sur la refonte du système financier international.

"J'aurai l'occasion de proposer à mes partenaires chefs d'Etat et de gouvernement une réunion pour préparer ces sommets", dont le principe a été accepté par les Etats-Unis le week-end dernier, a-t-il déclaré dans un discours devant le Parlement européen à Strasbourg.

Il n'a pas donné de détails sur la date ou le lieu de ce sommet préparatoire.

L'Europe "doit porter l'idée d'une refondation du capitalisme mondial", a-t-il dit. "Ce qui s'est passé, c'est la trahison des valeurs du capitalisme, ce n'est pas une remise en cause de l'économie de marché", a ajouté M. Sarkozy.

Le chef de l'Etat français, qui préside l'UE, a indiqué que "la solution la plus simple" pour les sommets mondiaux serait d'associer les pays industrialisés du G8 aux cinq plus grandes économies émergentes comme la Chine et l'Inde.

Ce sera "tout l'objet du déplacement en Chine, pour convaincre les puissances asiatiques de participer à cette refondation", a-t-il dit, en référence au prochain sommet de l'Asem qui réunira 43 pays d'Europe et d'Asie à Pékin vendredi et samedi.

"Avec le président (de la Commission européenne) José Manuel Barroso, nous allons nous rendre en Chine, avec le but de convaincre la Chine et l'Inde de prendre part à ce sommet" sur la refondation du système financier international, a-t-il ajouté.

Les priorités de l'Europe lors des sommets mondiaux à venir seront "d'abord qu'aucune banque qui travaille avec l'argent des Etats ne puisse travailler avec des paradis fiscaux".

Il s'agira aussi de faire en sorte "qu'aucune institution financière ne puisse travailler sans être soumise à une régulation financière" et "que les traders voient leur système de rémunération calculés de façon à ne pas pousser à prise de risque inconsidérée", a dit M. Sarkozy.

Le chef de l'Etat a aussi plaidé de nouveau pour que "le système monétaire soit repensé", en lançant une pique aux Etats-Unis régulièrement accusés de vivre à crédit du reste du monde du fait de l'importance du dollar.

"Peut-on continuer nous (en Europe) à porter les déficits de la première puissance mondiale sans avoir un mot à dire? la réponse est clairement non", a dit M. Sarkozy.

STRASBOURG, 21 octobre 2008 (AFP) - Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy s'est prononcé mardi en faveur de la création en Europe de fonds souverains, qui, coordonnés, permettraient "d'apporter une réponse industrielle à la crise" économique.

"Je demande qu'on réfléchisse à l'opportunité de créer chacun d'entre nous des fonds souverains, et peut-être qu'ils pourraient se coordonner pour apporter une réponse industrielle à la crise", a-t-il souligné devant le Parlement européen à Strasbourg.

Créés par certains gouvernements, les fonds souverains sont des fonds d'investissement spéciaux pour gérer les avoirs extérieurs des Etats. Leurs actifs sont estimés aujourd'hui à 5.000 milliards de dollars et sont très développés en Asie et dans les pays producteurs de pétrole notamment.

"Je connais parfaitement les désaccords entre certains pays" sur le sujet, mais je ne peux pas imaginer qu'on m'explique qu'il fallait une réponse unie européenne à la crise financière et que face à la crise économique il n'en fallait pas une", a-t-il dit.

"Notre devoir, c'est qu'en Europe, on puisse continuer à construire des bateaux, des avions, des automobiles", a-t-il conclu

STRASBOURG, 21 octobre 2008 (AFP) - Le président en exercice de l'UE Nicolas Sarkozy a prôné à nouveau mardi, devant le Parlement européen, pour la recherche de "flexibilité" permettant de respecter les objectifs et le calendrier d'adoption du plan européen sur le climat.

"Il nous faut trouver les voies et les moyens de la flexibilité en respectant les deux lignes rouges, le respect des objectifs et le respect du calendrier", a déclaré M. Sarkozy devant les parlementaires européens réunis à Strasbourg.

"Nous avons donc quelques semaines pour convaincre un certain nombre de nos partenaires dont je comprends les préoccupations", a-t-il ajouté. "On ne crée pas les conditions de compromis sans comprendre ce que disent ceux qui ne sont pas d'accord avec vous", a-t-il souligné.

Les dirigeants européens ont confirmé au sommet européen de la semaine dernière que le plan européen de lutte contre le changement climatique devait être adopté lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre prochains, malgré les critiques de plusieurs pays dont l'Italie et la Pologne.

L'UE s'est fixée comme objectifs pour 2020 de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre, de parvenir à 20% d'énergies renouvelables dans la consommation et à 20% d'économies d'énergie - objectifs réaffirmés lundi, selon M. Borloo.

Pour les réaliser, l'industrie lourde de l'UE doit réduire de 21% ses émissions de CO2 par rapport à leurs niveaux de 2005 et chaque pays doit tenir des objectifs nationaux visant à réduire de 10% les émissions des transports, de l'agriculture, du chauffage pour les bâtiments et des déchets.

"Si l'Europe ne fait pas ces efforts, nos chances de convaincre le reste du monde qu'il faut préserver la planète sont nulles", a souligné le président français. Si l'Europe n'est pas exemplaire elle ne sera pas entendue écoutée et respectée, et si nous ne faisons pas ce travail, personne ne le fera pas à notre place et nous aurons manqué notre rendez vous avec l'histoire", a-t-il martelé.

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