Mondialisation : la gauche (PRG, PC, PS, MRC) en quête de confrontations

Publié le par PRG

L'Humanité le 23 octobre 2008
La première rencontre de travail entre les partis de gauche et les acteurs syndicaux sur le thème de la crise mondiale n’a pas eu le succès escompté.

Ce devait être une réunion de travail. Une idée originale portée par des exigences que la crise exacerbe : faire enfin se rencontrer les acteurs du mouvement social et les politiques de gauche. Le premier forum à l’initiative des partis de gauche et écologistes sur le thème de la mondialisation a bien eu lieu mardi soir, dans une salle du conseil régional d’Île-de-France. L’objectif n’a pas été atteint : ce fut treize monologues sans confrontation, tout au long desquels la plupart des intervenants se sont livrés à la présentation de leurs propres propositions. Au final un sentiment d’autant plus mitigé que la soirée, pourtant d’ambition modeste, n’a pas connu la participation prévue par le système d’invitations.

Néanmoins la décision de plusieurs organisations syndicales de répondre favorablement à l’invitation des partis de gauche aura été de fait l’élément le plus porteur d’avenir de cette réunion. À l’instar de Maryse Dumas (CGT) expliquant que « le souci de l’indépendance syndicale » la conduit certes à refuser de « co-élaborer un programme politique » mais pas à se montrer « indifférente » ou « neutre ». Et de plaider pour « une pédagogie de l’action, de l’alternative, de la possibilité de changer les choses ».

Avec des mots parfois différents, des convergences sont apparues. Par exemple sur la remise en cause du « dogme de l’abaissement du coût du travail » comme élément de réponse à la crise. Ou encore sur la construction d’un pôle public financier bien que ses périmètres et son rôle méritent encore pas mal de confrontations constructives. Convergence aussi sur la nature de la crise. Marie-George Buffet : « Le capitalisme est en crise comme l’idéologie qui a servi son expansion ces dernières années, le libéralisme. » François Hollande : « Le meilleur, c’est à nous de le construire au moment où le système et son idéologie ont pris un coup. » Le pire, comme l’ont pronostiqué les économistes présents (Jacques Sapir et Michel Aglietta), étant un scénario post-crise où une croissance faible et une inflation forte se conjugueraient à un chômage élevé. Pour François Hollande, « la crise n’est pas seulement financière, elle est globale, économique et écologique, sans qu’il soit d’ailleurs facile de savoir quel en est le point de départ : la finance ou l’organisation du capitalisme lui-même ». Le leader du PS estimera que « le débat entre la gauche et la droite n’est plus sur l’État, mais sur la conception que l’on a de l’État », « la droite voulant l’utiliser comme un pompier pour sauver le système, la gauche devant concevoir un État pas seulement rempart mais régulateur pour prévenir, guérir, organiser… » Pour la secrétaire nationale du PCF, « l’opportunité est offerte d’avancer sur une tout autre conception de l’économie, de la démocratie et du progrès », à condition « d’oser parler de dépassement du capitalisme, de rétribution du travail, de services publics, de pouvoir des salariés dans le marché des entreprises ».

Les divergences n’étaient pas absentes. Particulièrement dans le discours de Cécile Duflot (Les Verts) qui voit dans la crise l’occasion historique d’en finir avec l’idée de croissance telle qu’on l’a connue dans les pays riches, flirtant parfois sans lavec l’idéologie malthusienne. « Autant d’Europe que possible, autant de France que nécessaire », lancera Jean-Pierre Chevènement (MRC), qui privilégie le second échelon dans les réponses à la crise ; quand Jean-Michel Baylet (PRG) titille François Hollande et voit dans le nouveau discours du PS sur l’Europe un positionnement quelque peu éloigné de la défense, il y a peu de temps, de l’Acte unique.

« Tournons la page des contradictions entre le texte et l’esprit des traités européens », ajoutera Jean-Pierre Chevènement sans préciser sa pensée. En début de soirée Maryse Dumas avait appelé à la dissipation du « brouillard idéologique », en particulier sur l’expression oxymore « moralisation du capitalisme », sur la nationalisation des pertes où sur la prétendue opposition entre économie réelle et économie virtuelle.

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Publié dans article sur le PRG

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