Obama président: satisfaction en France, la "diversité" en question

Publié le par PRG

PARIS, 5 novembre 2008 (AFP) - La victoire de Barack Obama, premier Noir à accéder à la Maison Blanche, a suscité mercredi une satisfaction quasi-unanime en France, mais relancé aussitôt le lancinant débat sur la représentation de la "diversité" française dans le monde politique.

Après des semaines d'"obamania", droite et gauche confondues ont salué une élection "historique", dixit le Premier ministre François Fillon.

Parmi les premiers chefs d'Etat à réagir, Nicolas Sarkozy, qui avait à peine caché sa préférence pour le candidat démocrate, a salué "le choix du changement, de l'ouverture et de l'optimisme".

"Ce message du peuple américain résonne bien au-delà de vos frontières", a-t-il assuré dans une lettre au président-élu, plaidant pour une coopération renouvelée de la France et de l'Europe avec Washington.

"Occasion historique de conjuguer nos efforts", a appuyé le chef de la diplomatie Bernard Kouchner.

"Les Américains ont élu le rêve américain", s'est enthousiasmé Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP.

"Message d'espoir et de sursaut" pour Bertrand Delanoë, hommage de Ségolène Royal à "l'Amérique métissée", "rêve réalisé" de Martin Luther King selon Martine Aubry: les ténors du PS n'ont pas été en reste.

Premier secrétaire sortant, François Hollande a appelé à "un dialogue nouveau" de l'Europe et de la France avec les Etats-Unis.

Après huit années d'administration Bush, marquées par de fortes tensions franco-américaines, aucune voix n'a rendu hommage au sortant, François Bayrou (MoDem) tournant même avec soulagement la page d'un "désastre".

L'extrême-gauche a apporté un bémol: Obama gouvernera "en fonction des intérêts de la grande bourgeoisie américaine" selon LO, tandis qu'Olivier Besancenot (LCR) n'a vu "aucune mesure favorable aux travailleurs" dans son programme.

Côté syndical, François Chérèque (CFDT) a cependant espéré que "son origine africaine le fera agir pour une meilleure répartition des richesses".

Jean-Marie Le Pen (FN) qualifie la victoire d'Obama de "conjoncturelle", liée au rejet de Bush.

Pour beaucoup, cette "victoire de la jeunesse et de la diversité" (Laurence Parisot, Medef) renvoie la France à ses limites.

"Oui, nous le pouvons", le slogan d'Obama, paraît encore d'une ironie cruelle aux Français issus des minorités aspirant aux responsabilités. L'Assemblée nationale ne compte ainsi qu'une députée de couleur élue de métropole, George Pau-Langevin (PS).

Rama Yade, une des trois ministres issues de l'immigration, n'y est pas allée par quatre chemins: il faut "des partis moins conservateurs, y compris à l'UMP": "le souffle provoqué par l'élection de Barack Obama doit sonner le moment pour nous aussi de la mobilisation, avec des résultats concrets".

"Les Noirs de France regardent vers les Etats-Unis où le rêve américain est à nouveau relancé", a fait valoir Patrick Lozès, président du Cran (Conseil représentatif des organisations noires), demandant à Nicolas Sarkozy de ne pas "ignorer cette revendication urgente d'égalité".

L'association veut porter la semaine prochaine son message "de vive voix" au chef de l'Etat.

Pour le ministre de la Défense Hervé Morin, président du Nouveau Centre, comme pour les Verts, la victoire du métis Obama est "une leçon" pour une démocratie française en retard en matière d'intégration.

Si Marie-George Buffet (PCF) considère que "pour celles et ceux qui se battent contre le racisme", il y aura "un avant et après 4 novembre 2008", la Guyanaise Christiane Taubira (PRG) reste pessimiste: ni l'UMP ni le PS ne sont capables d'accomplir ce qu'a accompli le parti démocrate aux Etats-Unis", selon la première candidate noire à l'Elysée.

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Publié dans dépêche sur le PRG

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