Au lendemain de sa victoire, Royal se pose en rassembleuse

Publié le par PRG

PARIS, 7 novembre 2008 (AFP) - Quelques heures après sa victoire surprise lors du vote des militants socialistes pour le congrès de Reims, Ségolène Royal s'est posée vendredi en rassembleuse du parti, tout en demandant que le vote des militants soit respecté par une direction qui a minimisé son succès.

"Il va falloir que le vote soit respecté", a lancé l'ex-candidate à la présidentielle sur France Inter, après que les militants ont voté à 29% pour sa motion, reléguant à distance Bertrand Delanoë, favori des sondages et de la direction sortante, et Martine Aubry, tous deux autour de 25%, et Benoît Hamon, représentant l'aile gauche du parti, crédité d'un bon score de 19%.

Mme Royal a indiqué qu'elle téléphonerait dès vendredi à ses rivaux, pour entamer des discussions "avec tout le monde, sans exclusive".

Elle a estimé que son résultat lui "donnait une légitimité" pour diriger le Parti socialiste, mais a souligné qu'elle ne faisait pas "acte de candidature" pour l'instant.

La présidente de Poitou-Charentes avait pendant la campagne mis sa candidature au poste de premier secrétaire "au Frigidaire", ce qui lui avait permis de nouer des alliances. Elle a réitéré vendredi qu'elle "n'en faisait pas un préalable".

Le congrès de Reims se tiendra du 14 au 16 novembre, et le prochain premier secrétaire sera élu par un vote des militants le 20 novembre.

En invoquant le respect du choix des quelque 130.000 militants ayant voté (55% de participation), Mme Royal répliquait à François Hollande, qui avait estimé peu avant sur RTL que le score de son ex-compagne "ne lui permettait pas d'être majoritaire dans le Parti socialiste".

"Le problème ce n'est pas cet ordre d'arrivée, c'est comment on donne au parti (...) une majorité stable capable de le conduire", a souligné M. Hollande, qui avait soutenu le maire de Paris. Il a appelé les quatre principales motions à "chercher ensemble les voies d'un rassemblement", après un résultat qui sonne comme un désaveu pour la direction du parti.

Mme Royal, reconnaissant que sa majorité était "relative", s'est fixé comme objectif de "mettre en mouvement la cohésion et l'unité des socialistes" pour "rassembler tous les talents".

La tâche ne sera pas aisée, son avance n'étant pas décisive. Dès sa défaite connue, M. Delanoë, qui n'a pas réagi de vive voix, a souligné dans un communiqué qu'il n'était pas question pour lui de rejoindre un bloc qui, comme Mme Royal, s'accomoderait d'une alliance avec un parti "qui ne s'assumerait pas clairement de gauche", sous-entendu le MoDem de François Bayrou.

"Nous ne voulons pas de contrat de gouvernement avec le MoDem", a renchéri M. Hamon sur i-Télé. Et de maintenir sa candidature à la succession de M. Hollande, pour "réancrer le Parti socialiste à gauche".

Mme Royal s'est quoi qu'il en soit dite vendredi prête à poursuivre cette stratégie controversée, qu'elle avait déjà tentée entre les deux tours de la présidentielle.

La maire de Lille n'a pas réagi elle-même, mais ses partisans avaient dans la nuit indiqué qu'ils ne renonçaient pas à constituer un rassemblement majoritaire "sur une ligne de changement et d'ancrage à gauche".

Interrogée sur la possibilité d'une alliance "tout sauf Ségolène", Mme Royal a en tout cas répondu: "Je n'ai peur de rien". Et en a appelé chacun au "sens des responsabilités".

Première conséquence choc de sa victoire, deux parlementaires de l'aile gauche du parti, le sénateur Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, député du Nord, ont claqué vendredi matin la porte du PS pour créer un nouveau mouvement "sans concession face à la droite".

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