Congrès PS: un "document de travail" de Mme Royal adressé aux protagonistes
PARIS, 11 novembre 2008 (AFP) - Ségolène Royal réaffirme sa volonté de "décentraliser" le PS, un sujet de controverse interne, dans un document de travail remis à certains chefs de file du congrès de Reims, qui s'ouvre vendredi.
Dans ce "document de travail ouvert", selon son intitulé, publié par le site internet du quotidien Le Monde et dont son entourage a confirmé l'authenticité, Mme Royal prône sans surprise "une profonde transformation de notre parti".
Elle se prononce pour "une démocratie militante, participative et active", écartant implicitement l'option d'"un parti de supporters" que Bertrand Delanoë lui a reproché de privilégier. De même, elle préconise "un travail de mobilisation pour attirer les forces de la jeunesse, les salariés, les catégories populaires et moyennes et construire un nouveau rapport de force politique".
L'équipe Royal veut "un parti de masse". "Le montant de l'adhésion ne doit plus être un obstacle au militantisme qui est d'abord un don de temps", précise-t-elle. Toutefois, le document ne demande pas la généralisation de l'adhésion à 20 euros, actuellement réservé aux primo-adhérents.
Comme cela figure dans la motion Royal, il est écrit que "des responsabilités seront décentralisées aux fédérations (...)", ce qui ne fait pas l'unanimité dans le parti. "Des dotations financières plus importantes seront attribuées aux fédérations", est-il précisé.
Le document de travail reprend aussi le texte de la motion sur les alliances électorales: "d'abord rassembler la gauche, toute la gauche, autour d'un contrat de gouvernement" en "ouvrant la perspective à terme d'une fédération" de la gauche. "C'est à partir de cette stratégie que les socialistes ont vocation à s'adresser seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite".
Toutefois, les concurrents de Mme Royal opposent ce document aux actes passés de l'ex-candidate à la présidentielle, qui avait évoqué en avril 2007 une nomination de François Bayrou à Matignon.
L'équipe Royal souhaite d'autre part, sans entrer dans le détail, "réorienter l'Europe pour la relancer", une exigence de Martine Aubry et Benoît Hamon. Elle parle aussi d'Etat non seulement "préventif", mais "stratège", une concession aux mêmes.
A propos de la crise financière, il est suggéré "l'organisation d'un grand forum global" avec "une dimension européenne".
Candidat au poste de premier secrétaire, Benoît Hamon s'est étonné auprès de l'AFP de ne pas avoir reçu ce document.