PS La chute finale
Royal en tête, mais les antiroyalistes majoritaires, déjà des démissions… : c’est le pire des scénarios qui est sorti du vote sur les motions. L’élection, le 20 novembre, du nouveau premier secrétaire devrait être à couteaux tirés. Déjà en panne de chef et d’idées, le PS y survivra-t-il ?
C’est un congrès du PS sous haute tension qui se déroule ce week-end à Reims, avant que ne soit désigné, par un nouveau vote des militants, le prochain premier secrétaire. À l’heure où nous bouclions, toutes les hypothèses concernant la succession de Hollande étaient en suspens : candidature commune des anti-Royal présentée par les motions Delanoë,Aubry et Hamon (près de 70 % des voix au total) face à celle défendue par leur adversaire (29%) ; trois candidats, l’un présenté par Delanoë et Aubry, l’autre par Hamon,la troisième par Royal ; synthèse au forceps (et en trompe-l’oeil) unissant les quatre tendances du PS… Même inconnue concernant le nom des candidats en lice : Aubry, le delanoïste Harlem Désir ou un autre d’un côté ; Royal elle-même ou l’un de ses fidèles (Vincent Peillon, François Rebsamen, Delphine Batho ou Najat Belkacem, qui piaffent d’impatience), de l’autre…
Une seule certitude : jamais le PS,pas même à la veille du fameux congrès de Rennes (1990), n’avait connu pareille incertitude. Le résultat catastrophe de l’éparpillement des voix lors du vote des motions, la semaine dernière, ne venant qu’ajouter à la situation cataclysmique qu’il connaît aujourd’hui. Pronostic, cet été, d’Olivier Ferrand,président de Terra Nova, l’un des think tanks du PS : «L’autodestruction se rapproche. » On y est. « J’ai bien peur que ce congrès accouche d’un monstre », prédit Arnaud Montebourg. Le PS, en effet, n’est pas seulement «en fin de cycle » (Christophe Caresche) ou « gravement malade » (Benoît Hamon). «Ce qui est mort,diagnostique Manuel Valls, c’est ce parti socialiste, tel qu’il est organisé. »Et peut-être même le PS tout court… Saura-t-il ressusciter ? Rien n’est moins sûr.Entre ceux qui en appellent à «virer les malfaisants » (Peillon), ceux qui réclament de « tout remettre à zéro » (Dray), ceux qui veulent « changer le nom du parti » (Valls) et ceux qui ont déjà décidé de claquer la porte (Mélenchon et le député du Nord Marc Dolez), les chances d’une éventuelle “mutation”en douceur paraissent bien ténues.«Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez ! », lançait Royal lors des universités d’été de La Rochelle. La seconde option est en passe de l’emporter. Pour dix raisons.
Créé en 1971 lors du congrès d’Épinay, le parti socialiste n’a jamais été refondé depuis. PC mis à part, il est le plus vieux des “grands partis” : trente-sept ans. Une éternité pour une structure politique dont l’image et le fonctionnement doivent “coller”au monde qui l’entoure. Héritière du RPF, puis de l’UNR,de l’UDR et du RPR,mais aussi d’une partie de l’ex-UDF, l’UMP n’a que six ans, le MoDem, un peu plus d’un an… Avec ses courants, ses motions, son “conseil national de synthèse”, ses indéboulonnables baronnies locales et son interminable processus de désignation du premier secrétaire (six mois !), la machine PS, totalement sclérosée, n’est plus qu’un « étalage de manoeuvres, de manipulations, de tambouilles et de combines »(Moscovici). « Par le simple jeu de ses procédures, le parti socialiste entretient durablement son propre discrédit », estime François-Miquet Marty, directeur des études de Viavoice, et récent auteur, pour Libération, d’une enquête sur le PS.
Interrogé dans ce cadre, l’un de ses militants résume : « C’est un parti qui n’est plus vivant. Il vit dans le passé. » Un autre lâche : « La soupe est rance, les légumes frelatés. » Encore ceux-là sont-ils toujours encartés… Ce qui n’est plus le cas des deux tiers des nouveaux adhérents de 2006-2007 (enregistrés à la faveur des premières primaires présidentielles) ! Principal motif de ces désertions selon une note interne :«Le décalage du parti avec les problèmes des Français. » «Le travail de reconstruction est énorme », reconnaît le député Patrick Bloche. Certes. Mais comment le PS pourrait-il réussir en moins de quatre ans, d’ici à 2012, la mutation qu’il n’a pas su opérer en trente et un ?
« Tu veux le fond de ma pensée ? Ni Royal, ni Delanoë, ni Hollande, ni Strauss-Kahn, ni Fabius, ni Aubry ne devraient être candidats à l’élection présidentielle. » Le propos est signé Manuel Valls (avant qu’il ne rejoigne la motion Royal !), dans son livre-entretien, Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche (Robert Laffont). Le député-maire d’Évry (Essonne) ne fait que dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Car depuis Mitterrand et Jospin (avec quel résultat pour ce dernier…), voire Rocard (“tué”par le premier), le PS ne dispose plus de l’essentiel : un chef incontesté, capable d’incarner le parti, mais aussi, et peut-être surtout, d’y imposer la discipline.
Toujours selon Valls, « les différences entre socialistes étaient bien plus importantes il y a vingt ou trente ans. Entre un Delors et un Joxe, entre un Rocard et un Chevènement, c’était bien plus profond qu’entre Emmanuelli et Moscovici ! Pourtant, tous ces gens se retrouvaient dans le mouvement ». « Personne, dans notre génération ne s’est imposé », confirme Aubry. Hollande ne s’y est pas trompé, qui réclame pour son successeur une qualité qu’il n’a jamais eue : « l’autorité ». « Il ne faut pas simplement être le premier, dit-il, il faut être le meilleur.» Problème : faute de vrai leader, tous les présidentiables (ou aspirant à l’être) sont convaincus d’être celui-là. Ce n’est pas un monarque qui sera couronné à Reims, mais un simple prétendant. Entouré de régicides…
Entre panier de crabes et nid de vipères : tel apparaît, aujourd’hui, le PS, «miné par ses rivalités fratricides ».L’expression est de François Miquet-Marty, dans son étude sur “La perception du parti socialiste chez les Français”. Laquelle fait apparaître que pour 61% d’entre eux (et 65 % des sympathisants PS !), les “rivalités entre ses dirigeants” sont la “principale faiblesse”du parti. Elle en est au moins la plus visible (lire notre encadré page 15)…« Tout à leur pugilat d’appareil »,comme l’écrit l’essayiste (de gauche, là encore) Jean- Claude Guillebaud, les éléphants et éléphanteaux roses, rêvant tous de devenir chefs de troupeau, se sont transformés en chasseurs.
Trois types d’affrontements se superposent : les vieilles haines (jospinistes contre fabiusiens, ex-mitterrandistes contre ex-rocardiens, fédérations du nord contre fédérations du sud) ; les rivalités entre concurrents déclarés (tel le match Royal- Delanoë-Aubry-Hamon) ; les trahisons entre amis en fonction des stratégies suivies (ainsi de Vincent Peillon, aujourd’hui royaliste après avoir successivement soutenu Emmanuelli, Jospin,Montebourg et Dray !). Sans oublier ceux qui “s’autonomisent” (Allègre, Lang…), virent à droite (Bockel, Besson, Jouyet…) où à l’extrême-gauche (Mélenchon, Dolez). Ni les éternelles chicaneries (rivalités locales entre femmes,quadras,seconds couteaux, voire entre anciens… conjoints). « Il faut de la Super Glue pour recoller les morceaux », ironise Montebourg. Qui peut croire que cela suffira ?
Voilà au moins un sujet sur lequel tout le monde est d’accord : le PS est orphelin d’un projet d’alternance : « Les Français attendent du PS non pas que chacun dise : “Moi, je me verrais bien à tel endroit”, mais “Nous, le PS, voilà ce que nous proposons” » (Aubry) ; « Nous devons écrire un programme fondamental. Qu’est-ce qu’on fait dans les cinq à dix ans qui viennent ? Qu’est-ce qu’on propose ? » (Valls) ; « Le PS doit cesser de se regarder le nombril pour se consacrer à l’essentiel : le débat d’idées » (Fabius). À chaque responsable socialiste, ou presque, son appel à un “projet politique”… Mais lequel ? Celui d’une “gauche moderne” version DSK ? D’une “gauche rénovée” version Royal ? Du “libéral-socialisme”de Delanoë ? Du même d’Aubry en plus étatiste ? Du “À gauche toute !” du tandem Hamon- Emmanuelli ?
Démonstration, en plus de leurs divergences, de l’absence de solidité de leurs convictions (à l’exception, sans doute, des deux derniers) : la brutalité avec laquelle la crise a fait, d’un coup, voler en éclats le consensus autour de la dernière “déclaration de principe”du PS – se définissant désormais comme « réformiste » et attaché à une « économie régulée de marché ». Six mois après avoir été adopté (en avril), voilà, la crise venue, le mot “marché”devenu tabou !
Plus beau revirement : celui de Royal, estimant aujourd’hui la social-démocratie « périmée ».
Non seulement les socialistes n’ont pas une mais plusieurs lignes, mais encore celles-ci sont-elles toutes en train de se déporter vers la gauche ! Jusqu’à Delanoë qui nie avoir jamais été « libéral »… De quoi embrouiller encore l’image du parti.«Dans les faits, décrypte Jean-Claude Guillebaud, le PS est bien la première victime collatérale de la crise financière. » Le voilà, lui aussi, en faillite. Idéologique.
Pilier de l’ex-gauche plurielle, le parti communiste agonise : à la présidentielle de 1969, Duclos atteignait 21,3 % ; en 2007, Marie-George Buffet n’en grappillait plus que 1,9… À la suite de ses calamiteux 4,2% des législatives, le PC a dû vendre l’immeuble de l’Humanité et louer deux étages de son siège de la place du Colonel-Fabien. “L’historique”Maxime Gremetz en a eu « froid dans le dos ». Idem au PS, qui ne peut plus compter, ou presque, sur les réserves de voix communistes au second tour…
Autre “parti ami” en pleine déconfiture : le Mouvement républicain et citoyen (MRC) créé par Chevènement. Ne lui reste qu’une poignée d’élus, à peine plus de militants. Aucune subvention publique. Et des liens de plus en plus distendus avec son ancien parti,dont il fut l’un des cofondateurs : déjà accusé d’avoir contribué à l’élimination de Jospin en 2002, Chevènement vient de retrouver un siège au Sénat en battant le candidat… socialiste ! À peine mieux portant et encore moins en cours Rue de Solferino, le Parti radical de gauche (PRG). Quelques milliers d’adhérents, neuf députés et dix sénateurs.Alors que le PS (excepté Lang) votait non, ses dixneuf parlementaires ont tous approuvé la réforme constitutionnelle de Sarkozy, permettant à celle-ci d’être adoptée. Pas de quoi rassurer pour l’avenir…
Dernier “allié”, et pas le moins turbulent : les Verts. Presque dix ans après leurs 9,7% des européennes de 1999 (et vingt ans après leurs 10,6 % de 1989), ceux-ci s’apprêtent à récidiver en 2009, Cohn-Bendit ayant rallié Bové, les amis de Nicolas Hulot et même le revenant Antoine Waechter à son Pôle écologique.Objectif 10 %. Pour partie siphonnés au PS.Avec des amis comme ça…
« Je veux être au côté de ceux qui souffrent de la crise […]. Tous ces milliards, d’où ils sortent, qui va payer ? Alors que pour les banques, il n’y a pas de limites, pour nous, il n’y a rien, de plus en plus rien […]. Qu’est-ce que c’est qu’une société où on considère que les banques sont plus précieuses que les gens ? » De qui cette tirade enflammée digne de Jaurès ? De Bayrou… Désormais quatrième personnalité politique préférée des sympathisants PS, il est aussi considéré, selon le baromètre OpinionWay-le Figaro, comme “le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy”. Avec Besancenot (lire ci-dessous), mais loin devant les éléphants du PS… Et pour cause : la moitié des électeurs bayrouistes se revendiquent aujourd’hui “de gauche”. Le résultat d’une stratégie entamée en 2006 (vote de la motion de censure contre le gouvernement Villepin), crédibilisé durant l’entre-deux-tours de la présidentielle (refus de voter pour Sarkozy) et poursuivi aux législatives (pas d’alliances avec l’UMP) et aux municipales (fusion avec des listes PS, notamment à Marseille, Lille et Dijon).
Objectif : le “siphonnage” du vote PS. «En 2012, assure son lieutenant Bernard Lehideux, nous serons devant le candidat socialiste. C’est François qui affrontera Sarkozy au second tour, et il sera élu en bénéficiant du report des voix de gauche. » On n’en est certes pas encore là. Il n’empêche, le parti centriste est devenu un concurrent pour le PS. « À côté des socialistes, Bayrou a l’air d’être Mendès France », commente le cinéaste (de gauche) Bertrand Tavernier. De son côté, Sarkozy l’a bien compris : « Bayrou, dit-il, n’est plus un problème pour nous, mais pour les socialistes. » Un problème de plus. Pour l’heure, insoluble.
Réalisé par Denis Pingaud, vice-président exécutif de l’institut OpinionWay, pour son livre l’Effet Besancenot (Seuil), un sondage témoigne du danger que représente, pour le PS, la percée du facteur trotskiste, qui lancera en janvier son Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) : 69 % des sympathisants de gauche ont une “bonne image” de lui, 83 % le jugent “proche des gens”. Pis : 81% des mêmes estiment qu’il “critique à juste titre le manque de réaction du PS” face au gouvernement.
Simplement devancé, à gauche, par Delanoë et Aubry dans la dernière étude BVA-Orange-l’Express (39 % des Français souhaitant qu’il ait “davantage d’influence dans la vie politique française”), Besancenot est devenu, avec Bayrou, l’autre cauchemar du PS. Incapables d’adopter une stratégie unique face à cet épouvantail instrumentalisé par la droite (qui rêve d’en faire le Le Pen de la gauche),les responsables PS se montrent, une nouvelle fois,cacophoniques : Delanoë veut « oser le rapport de force », l’ex-trotskiste Henri Weber (soutien d’Aubry) réclame à la fois « une relation fraternelle et une confrontation énergique » (sic !), Mélenchon (ex-soutien d’Hamon) proposait « l’union des gauches sans exclusives»avant de démissionner… Portés par la crise, les amis du facteur, qui engrangent les adhésions, refusent, eux, tout accord avec le PS : «Avec l’UMP, c’est blanc bonnet et bonnet blanc », s’amuse Besancenot. Lequel obtiendrait 13 % si la présidentielle de 2007 se rejouait aujourd’hui. Quel que soit le candidat PS qui lui est opposé…
Selon le baromètre mensuel Isama- Valeurs actuelles de la semaine dernière, 20 % des sympathisants PS – un sur cinq – approuvent l’“action de Nicolas Sarkozy”face à la crise.Alors que le parti socialiste n’a pas de mots assez durs pour condamner les réformes engagées (dont une seule, la loi sur le Grenelle de l’environnement, a été votée par ses députés), 22 % de ces mêmes électeurs PS – près d’un quart – souhaitent, au contraire,leur maintien ou leur accélération.
Un an et demi après son élection, le parti socialiste, confiné à l’immobilisme, n’a toujours pas trouvé la parade anti-Sarkozy : son énergie et son pragmatisme continuent de séduire une part non négligeable de ses sympathisants. Quant aux divisions de la gauche, elles tranchent aussi au regard d’une droite presque entièrement “sarkoysée” qu’Hollande lui-même décrit comme « plus unie qu’elle ne l’a jamais été sous la Ve République ».
Face à cet insaisissable adversaire, « les Français, poursuit-il, attendent du PS une confrontation et des propositions ». Surtout depuis le déclenchement de la crise… C’est peu dire, en effet, que le coup de barre à gauche de Sarkozy (interventionnisme,emplois aidés…) ne fait que le renforcer face à un PS incapable d’avancer des propositions qui “parlent”aux Français – y compris de gauche.Le très antisarkozyste Libération a bien compris le danger : « La crise financière, écrit son éditorialiste, est pour le chef de l’État un allié de poids pour asphyxier le PS sur les questions de fond, économiques et sociales. » Il fut un temps où les socialistes prétendaient vouloir “changer d’ère” ; aujourd’hui, de l’air, ils en sont privés…
On n’est jamais aussi malmené que par les siens… Libération – encore lui – a récemment consacré une page aux internautes sympathisants de gauche. Extraits : le PS ? «Une présence politique aussi consistante qu’un flan Alsa, un machin mou et vaguement chimique, d’une couleur improbable, d’une odeur inconnue » ; « Le slogan qui [lui] va bien : “Tous pour un et un pour rien ! », etc. Longtemps compagnon de route du parti socialiste, Bertrand Tavernier ne se montre pas moins sévère, dans une tribune publiée par le JDD : « Les dirigeants socialistes, écrit-il, ressemblent à des généraux de la guerre de 1914 qui s’agitent très loin du front et intriguent pour décrocher une étoile supplémentaire tandis que leurs soldats sont envoyés à la boucherie. »
Réactions isolées ? C’est tout le contraire. Selon l’institut CSA, moins d’un sympathisant PS sur deux (46%) considère que “le parti socialiste, s’il était au pouvoir, mènerait une meilleure politique que celle conduite actuellement”. Selon l’Ifop, ils sont encore 44 % de socialistes à considérer que le PS n’a pas “de dirigeants de qualité”. Quant à savoir si leur parti dispose d’“un projet pour la France”, ils sont carrément une majorité (51%) à répondre non ! Sans doute ce qui explique,pour partie, les piètres ventes des innombrables livres plaidoyers publiés ces derniers mois par les éléphants du PS. Plus cuisant échec : celui de Delanoë. Son ouvrage, De l’audace ! (Robert Laffont),qui a pourtant bénéficié d’une gigantesque campagne de lancement, n’a été vendu qu’à 22 000 exemplaires. Il en espérait 100 000. Même les socialistes ne s’intéressent plus au PS…
C’est le Canard enchaîné qui relate l’anecdote : le 22 octobre – jour de confirmation par la Maison-Blanche de la date du 15 novembre pour le “sommet mondial”de Washington –, Sarkozy jubile devant ses proches : « J’ai réussi le coup du siècle, j’ai réussi le coup du siècle. » Explication : c’est lui qui a proposé, et obtenu, l’organisation du G20 sur la crise mondiale à cette date du 15 novembre – en même temps que le congrès de Reims ! Ce jour-là, « on ne parlera aux JT de 20 heures que du sommet de Washington, de mes propositions et initiatives, se serait réjoui le chef de l’État. Sans parler du sommet Euro-Asie qui se tient à Nice le 14 novembre […]. À côté, le congrès du PS sera un non-événement. »
Le PS, c’est peu de le dire, n’a décidément pas de chance avec les calendriers : à peine venait-il d’officialiser son attachement au “marché” que la crise éclatait. Et ce qui l’attend en 2009 et 2010 pourrait se révéler, là aussi, particulièrement rude.
D’abord les européennes, qui ont, le plus souvent, été des scrutins de tous les dangers pour le PS – c’est après son échec de 1994 que Rocard (14,5 %) avait dû quitter la tête du parti.Or le scrutin qui s’annonce a tout du piège – listes Besancenot “boostées”par la crise (8,5 % selon certains sondages), Pôle écologique crédité de 10 %, bon score attendu des listes MoDem, rumeurs de listes communes entre radicaux de gauche et de droite… Viendront ensuite (sauf si elles sont repoussées) les régionales de 2010 – où le PS, qui détient déjà vingt régions sur vingtdeux, ne peut espérer progresser,ayant même toutes les (mal)chances de perdre certains fiefs. « Ce sera dur de tout conserver », a reconnu Hollande. En lieu et place du tapis de roses espéré, un lit d’épines…