Larcher annonce une mise à la diète du Sénat
PARIS, 18 novembre 2008 (AFP) - Moins de voitures, appartements transformés en bureaux, audits... Le nouveau président du Sénat, Gérard Larcher a annoncé mardi une première mise à la diète de la Haute Assemblée, dont le patrimoine et le train de vie fastueux ont récemment été épinglés.
Un mois et demi après son élection, M. Larcher veut rétablir une image vertueuse du Sénat grâce à des mesures d'économie et de rationalisation de ses activités présentées avec les trois questeurs, Philippe Richert (UMP), Jean-Marc Pastor (PS) et René Garrec (UMP), à l'issue de la première réunion du bureau de l'assemblée.
Le budget 2009 du Sénat sera identique à celui de 2008, cette "croissance zéro" induisant des économies de 4,3 millions d'euros, a d'abord indiqué M. Larcher.
Coup de balai d'abord dans les appartements du Sénat, dont celui attribué à vie à l'ex-président Christian Poncelet avait fait scandale. 34 des 54 appartements situés dans le très chic 6e arrondissement seront libérés au 31 décembre puis transformés en bureaux.
Sur les 20 restants, 4 seront affectés au président et aux trois questeurs et 16 à des "personnels dont la présence à proximité est nécessaire" comme le général en charge du Sénat, le médecin, les deux secrétaires généraux, le concierge...
Un immeuble (75, rue Bonaparte) sera transformé en 40 bureaux destinés aux nouveaux sénateurs et aux futures nouvelles commissions permanentes prévues par la réforme institutionnelle.
Le service des voitures, désormais de cylindrées plus modestes, va être "optimisé" avec la création d'un pool. La présidence a déjà diminué sa flotte de 11 à 8 voitures et de 11 à 9 chauffeurs.
M. Larcher et ses trois questeurs ont également baissé de 30% l'indemnité spécifique à leur charge, qui s'ajoute à leur traitement de base de sénateur, frais de représentation et avantages comme les transports et retraites.
Après réduction, il a précisé qu'il toucherait 7.173 euros et les questeurs, selon M. Pastor, un peu plus de 4.000 euros. "C'est un geste de solidarité", a commenté M. Richert. Dispensés de ce geste, les 8 vice-présidents -soit plus qu'à l'Assemblée, deux nouveaux postes ayant été créés par M. Larcher- reçoivent 2.000 euros d'indemnité spéciale.
Un audit extérieur sera mené au premier semestre 2009 sur l'avenir du Musée du Luxembourg, au centre d'un imbroglio juridique. D'ici là, l'actuel titulaire des expositions, la société SVO Art, continuera ses activités.
Un deuxième audit sur la chaîne TV Public Sénat sera mis en oeuvre sous la houlette de l'ex-ministre PS de la Culture Catherine Tasca d'ici début février, date de renouvellement du mandat de son président, Jean-Pierre Elkabbach.
M. Larcher a prévu "une plus grande sélectivité pour le prêt des salles de réunion et la mise à disposition du jardin du Luxembourg". L'organisation de spectacles en plein air ou de séminaires privés avait été critiquée. Un encadrement "plus strict" des nombreux (environ 80) groupes d'amitiés avec des pays étrangers (dont les îles Fidji ou le Vanuatu), souvent critiqués comme prétextes à voyages.
Le sénateur des Yvelines s'est enfin engagé à présenter une gestion "transparente" et "un schéma complet des procédures de contrôle" lors du bureau du Sénat du 16 décembre. Y seront notamment analysées les fameuses "réserves" du Sénat -d'environ 1,6 milliard d'euros- qui servent à financer les retraites des sénateurs et fonctionnaires et de fonds de roulement.
Le contrôle des comptes sera effectué pour 2008 par un audit des cabinets Deloitte et Scacchi et non la Cour des comptes, dont le président Philippe Séguin s'était pourtant dit "disponible".