Taubira PRG : "Pour une France métissée" au congrès de Royal
L'Express le 19 novembre 2008
Dans un discours d'une vingtaine de minutes devant des partisans chauffés à blanc, l'ex-candidate à l'Elysée n'a pas cité une seule fois ses deux rivaux Martine Aubry et Benoît Hamon, qui tenaient meeting à respectivement Aubervilliers et Brest.
"Nous sommes là, debout ! Au service des Français ! En avant !", a-t-elle lancé aux quelque 800 personnes réunies au gymnase Japy, dans le XIe arrondissement de Paris.
"Je demande au vote militant de balayer les réticences et les refus et de faire monter la certitude de la transformation.
"Voulez-vous que demain un congrès du Parti socialiste ressemble à ce qui se passe ce soir ?", a-t-elle lancé.
"Nous devons combattre le poison de la résignation, le poison du fatalisme, le poison du découragement. La gauche vit un moment de vérité : les socialistes vont accomplir un vote historique. Le pays nous appelle depuis longtemps: où êtes-vous les socialistes; eh bien, nous sommes là debout déterminés", a-t-elle assuré.
Empruntant à Emile Zola, l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Enseignement scolaire a consacré une grande part de son discours à l'Education nationale à la veille d'une grève des enseignants qui s'annonce très suivie.
"CA VA ÊTRE CHAUD !"
"J'accuse la droite au pouvoir de compromettre gravement l'avenir de l'Education nationale (.) J'accuse la droite de porter atteinte à la dignité du métier d'enseignant, j'accuse la droite de ne rien tenter contre l'échec scolaire", a-t-elle dit.
A moins de 24 heures du premier tour de scrutin des militants qui trancheront, très peu se risquent aux pronostics dans le camp Royal.
L'objectif est d'arriver en tête, jeudi soir, le plus loin devant Martine Aubry qui a reçu le renfort de Bertrand Delanoë en début de semaine.
"Deux tours sont inévitables, ça va être chaud", estime l'un de ses lieutenants sous couvert d'anonymat. "Il nous faut dix points d'avance et se rapprocher de 45%".
"La seule personne qui aujourd'hui dans ce pays est capable de battre en 2012 Nicolas Sarkozy, c'est Ségolène Royal", a déclaré à la tribune Vincent Peillon, appelé à devenir premier secrétaire délégué du PS en cas de victoire de la présidence de Poitou-Charentes.
Gilles Savary, député européen, a lui dénoncé "les alliances des contraires, les syndicats des faux amis, la ligne Maginot des conservatismes" montées au sein du PS pour faire barrage à la présidente de la région Poitou-Charentes.
La députée de Guyane Christiane Taubira était présente comme un triple symbole : le rassemblement de la gauche, la "France métissée" et la féminisation de la vie politique.
"Ce n'est pas seulement le sort du Parti socialiste et ses angoisses qui se jouent ce qui se joue, c'est le sort de la gauche", a estimé l'élue radicale de gauche.