Manifestation: Unis dans la rue.
Sud Ouest le 20 Mars 2009
MANIFESTATION. Salariés du public et du privé ont réclamé, côte à côte, emplois et pouvoir d'achat
«Dans les DOM comme en métropole : 200 euros ! », « Loi Bachelot c'est l'usine à l'hosto » ou encore « Plus de salaires, moins de précaires ». Les slogans scandés lors de la mobilisation d'hier étaient multiples, mais sans équivoque. Qu'il s'agisse du plan de relance de l'économie ou bien des réformes en cours dans l'Éducation nationale et la Santé, les manifestants refusent clairement l'actuelle politique gouvernementale.
Mobilisation en hausse
Salariés, retraités et étudiants sont venus en masse de tout le département pour crier leur colère. 7 000 manifestants selon les syndicats, 3 000 selon la police : la mobilisation a été plus suivie que celle du 29 janvier dernier.
En plus des traditionnels syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, FSU, Unsa, Modef), tous les partis politiques de gauche étaient représentés. On a ainsi pu voir défiler de nombreux élus ou militants du PS, PC, NPA, PRG et même du tout nouveau Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon.
Les services publics étaient particulièrement bien représentés : Éducation nationale, lycéens, hôpitaux, impôts, services municipaux, pompiers, La Poste, douanes, Conseil général, etc. De nombreuses associations aussi, telles que Ni pauvres ni soumis qui, malgré leurs handicaps, n'ont pas hésité à descendre dans la rue.
Mais le privé n'est pas passé inaperçu dans le cortège. De nombreux salariés de Danone, de France Télécoms, du Crédit agricole mutuel, du bâtiment et même des agriculteurs avaient fait le déplacement.
Multiples revendications
En ligne de mire, la baisse du pouvoir d'achat, mais également le refus de la loi Bachelot sur les hôpitaux ou des suppressions de postes dans l'Éducation nationale.
Dans le privé, l'accent était particulièrement mis sur les salaires et la peur des licenciements. Quant aux fonctionnaires, la défense des services publics reste la principale préoccupation. Certains, comme Marc Leroux, professeur d'anglais syndiqué à la CGT Educ'action, vont même plus loin : « Dans la fonction publique, nous nous sentons actuellement dévalorisés, dénigrés et méprisés par le gouvernement. »
Les agents hospitaliers, eux, se plaignent du manque d'effectifs : « Nous sommes en train de devenir des machines à soigner », regrette Nathalie, infirmière à l'hôpital d'Auch.
Le député Philippe Martin était tout aussi remonté : « Le gouvernement n'a pas entendu le message lancé le 29 janvier. S'il reste sourd aujourd'hui, ous redescendrons encore dans la rue. »
