Franc-Maçonnerie : la guerre des clans au Grand Orient
| Novopress.info le 12 aout 2008 Si Lambicchi est socialiste, Bouche se dit radical de gauche, mais a soutenu Jean-Luc Moudenc (UMP) aux dernières législatives. Le premier pratique le rite français (RF) ; le second, le rite écossais ancien et accepté (REAA). Deux systèmes de règles qui ont leur propre hiérarchie. Avant le 14 juin, Jean-Paul Bouche n’était pas le candidat favori des “écossais“, qui lui préféraient le chirurgien messin Yves Jacob, ancien grand secrétaire aux affaires extérieures du GO. Mais celui-ci a été éliminé dès l’épreuve du congrès régional. Trois jours avant le vote, un libelle anonyme était arrivé dans la boîte aux lettres des “frères” : “Nous avons connu le complot judéo-maçonnique. Nous découvrons aujourd’hui le soutien judéo-écossais, puisque les frères de confession juive sont sollicités pour soutenir [la] candidature [d’Yves Jacob].” “Jusqu’à ce jour, j’avais échappé à une telle attaque frontale d’antisémitisme“, écrit l’intéressé dans un message à ses frères. Il est vigoureusement soutenu par l’ancien “très puissant souverain grand commandeur” du suprême conseil du REAA, Alain de Keghel. “Je vais saisir la Halde [Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité]“, annonce celui-ci. Révolté que son candidat, Yves Jacob, ait été éliminé, Keghel appuie Jean-Paul Bouche et se lance dans une croisade. “Tout sauf Lambicchi !” “Il représente tout ce que je dénonce: la perte de repères maçonniques, un clanisme singulier qui exclut la liberté absolue de conscience, la volonté de faire du GO une obédience repliée sur le rite français“, assène Keghel. Son homologue du rite français, Jacques-Georges Plumet, “très sage et parfait grand vénérable” du Grand Chapitre général du GO, soutient, au contraire, que, “si Lambicchi est élu, il voudra montrer son indépendance à l’égard du rite français.” |
