Un référendum sur La Poste
Dépêche AFP
PARIS, 3 septembre 2008 (AFP) - L'idée d'organiser un référendum sur la "privatisation"
de La Poste a pris un tour politique mercredi, débordant le seul cadre cadre syndical,
avec une pétition commune de quatre leaders des partis de la gauche (PS, PCF, MRC
et PRG).
François Hollande (PS), Marie-George Buffet (PCF), Jean-Pierre Chevènement (MRC) et
Jean-Michel Baylet (PRG) ont annoncé leur intention de lancer "une pétition commune
contre la privatisation de la Poste".
Le président de La Poste Jean-Paul Bailly avait détaillé la semaine dernière son projet
de changement de statut de l'entreprise publique qui doit être transformée en société
anonyme dès janvier 2010.
"Il faut qu'on lève des millions de signatures par rapport à un mauvais projet qui aboutirait
à retirer la présence des services publics sur le territoire", a assuré M. Hollande.
Le quotidien Libération a pris lui-même position pour un référendum mercredi, assurant que la
"privatisation" de La Poste "dépasse de loin les questions postales".
L'article 11 de la Constitution permet au président de la République, sur proposition du
gouvernement ou du Parlement, de soumettre à référendum un projet de loi portant "sur des
réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux
services publics qui y concourent".
Cette idée était déjà soutenue par plusieurs syndicats (FO, CFTC et Sud). "Un tel sujet dépasse
largement le cadre de réflexion propre à une entreprise", car "La Poste appartient au patrimoine
national, eu égard aux valeurs républicaines qu’elle incarne et au rôle social (...) qu’elle remplit au
service de la population", souligne notamment FO.
Mercredi matin, le secrétaire confédéral de la CGT Jean-Christophe Le Duigou s'est à son tour déclaré
"a priori" favorable à un référendum, jugeant "légitime" que les Français se prononcent sur son avenir.
La fédération CFDT-Communication a en revanche annoncé qu'elle n'y était "pas favorable": "l'objet même
de ce recours à un référendum nous paraît pour le moins ambigu", souligne-t-elle, ajoutant que "les conditions
légales d'organisations de ce type de référendum d'initiative populaire" ne "semblent pas complètement arrêtées".
Une réunion en présence de FO, Sud, la CFTC, mais aussi de partis politiques et d'associations
(PS, PC, verts, LCR, Attac, Dal, Convergence des services publics) doit se tenir jeudi.
Par ailleurs, cinq syndicats de La Poste (CGT, Sud-PTT, CFDT, FO, CFTC) appellent l'ensemble des
postiers à une grève nationale avec manifestations le 23 septembre.